Bien qu'encore dans la tempête, l'un des leaders mondiaux sur le marché des grues à tour de chantiers entame sa reconstruction. Il va tester cette année la toute nouvelle organisation de son site de Saint-Nizier-sous-Charlieu, après la fermeture de l'usine de La Clayette (Saône-et-Loire) il y a un an. Baptisé ?pôle d'excellence industriel?, le site de Charlieu regroupe en fait quatre activités dont une seule peut être considérée comme nouvelle : la production d'ensembles mécano-soudés. Ces pièces volumineuses et complexes, qui étaient jusqu'alors achetées, seront désormais fabriquées sur place afin d'alimenter les usines allemandes du groupe. «La direction mondiale a privilégié l'optimisation des flux de production en concentrant plusieurs activités sur un même site», explique Bruno Durand, le directeur d'exploitation du site de Charlieu arrivé il y a tout juste 14 mois. Pour le reste, c'est le transfert des deux activités de l'usine de La Clayette qui a profité au site ligérien. Celui-ci récupère ainsi la fabrication des pièces de rechanges et de rénovation pour le service après-vente ainsi que la production de treuils et de mécanismes de levage. L'activité historique de Charlieu constitue le quatrième pôle : la fabrication de grands modèles de grues à tour et de grues mobiles.
Important programme de formation
Pour démarrer cette réorganisation qui concerne 350 salariés dont 140 ont été transférés de La Clayette, Manitowoc a investi plusieurs millions d'euros dans un tout nouveau centre d'usinage. La direction parle officiellement d'une somme avoisinant les 3 millions d'euros mais la facture totale serait bien plus élevée. L'objectif ? Gagner en compétitivité en améliorant la performance industrielle du site. Toutes les phases de manutention ont ainsi été simplifiées. L'usine de Charlieu souhaite aussi faire face à la saisonnalité de son activité. Elle jouera dorénavant sur la complémentarité entre la fabrication de nouveaux produits et la production de pièces de rechange. «En période de crise, nos clients ont tendance à privilégier l'entretien au renouvellement de leur matériel», commente Bruno Durand. Pour accompagner cette mutation, Manitowoc a également investi dans la qualification de ses 350 salariés. Un important programme de formation a été mis en place depuis l'an dernier, principalement sur les thèmes de la sécurité et de la qualité. «Il nous reste encore 60% du programme à accomplir cette année», précise le directeur d'exploitation.
Des signes de reprise
Loin d'être totalement sorti de la crise, le groupe américain Manitowoc a encore enregistré une baisse de 26% de son chiffre d'affaires en 2010 à 1,7 milliards de dollars. L'an passé, il avait déjà accusé une chute de 40% à 2,3 milliards de dollars. Particulièrement lié au secteur du bâtiment, Manitowoc perçoit pourtant des signes de reprise. «Nos carnets de commandes s'améliorent même si on est encore loin du niveau de 2005, une année considérée comme normale», assure Bruno Durand. Pour relancer son activité, la firme mise également sur la fabrication du tout nouveau IGO T 130, le plus gros modèle de grue jamais construit sur le site de Charlieu. Une entreprise scandinave aurait déjà commandé plusieurs modèles.
Manitowoc
(Saint-Nizier-sous-Charlieu) Directeur du site : Bruno Durand 350 personnes CA groupe 2010 : 1,7 milliards de dollars (-26%) www.manitowoccranes.com
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