«Le marché est en train de se gripper de façon inquiétante, prévient Magali Marton, directrice Research CEMEA au sein du groupe DTZ. À la fin du premier semestre, nous étions encore assez confiants en terme d'investissements en tablant sur 12 à 14milliards d'euros sur l'année. Mais à la fin du 3e trimestre, nous sommes à huit milliards. Alors si on arrive à 12milliards à la fin de l'année, ce sera bien.» En 2007, année record, les investissements avaient culminé à 27milliards d'euros mais un objectif de 20milliards est, en temps normal, réaliste. La nouvelle crise financière qui s'est ouverte à l'été pèse sur l'investissement. Et le pire est peut-être à venir. «Les décisions qui auraient dû être prises face au problème des dettes souveraines n'ayant pas été engagées, nous ne pouvons plus exclure un scénario catastrophe sur le plan économique, explique Magali Marton. Quel en serait l'impact sur l'immobilier d'entreprise? Difficile à dire. Un point de croissance en plus ou en moins pèse énormément sur ce secteur. Dans le même temps, certaines entreprises mettront peut-être à profit cette période pour rationaliser leurs coûts en optant pour des transferts.»
Signe encourageant
«Le grand problème européen, c'est que la levée de la dette - qui est le moteur de l'investissement - se fait à 80% auprès du secteur bancaire. Or, en matière de financement d'immobilier d'entreprise, plus rien ne se passe», note Magali Marton. Un signe encourageant: «les compagnies d'assurance pourraient prendre le relais. On voit aussi des foncières lever de la dette sur le marché des obligations corporate», ajoute-t-elle en citant le succès d'une récente initiative d'Unibail.