Moreno Lucchesi, 50 ans, mécanicien de formation, a travaillé durant 25 ans chez Essilor, dans l'activité ingénierie du fabricant mondial, dont une usine est présente à Ligny-en-Barrois dans la Meuse. Lorsqu'une restructuration est mise en place, il est proposé à Moreno Lucchesi d'être réaffecté, « mais comme l'idée de créer ma société avec un projet concret me trottait dans la tête depuis quelque temps, j'ai finalement profité de cette restructuration pour me lancer. » Le Lorrain quitte Essilor en septembre 2013, et crée sa société en mai 2014, à Yutz, au nord de Metz, en débutant par du consulting, tout en développant son idée. Le concept de son projet ? Créer une machine qui contrôle le montage des verres progressifs sur les lunettes. « Notre spécialité, la détection de l'axe des verres polarisants et les progressifs avec la visualisation de leurs gravures. Nous proposons deux modèles de machines, une à disposition des opticiens, qui réalisent actuellement ce contrôle de manière manuelle, il peut donc y avoir des erreurs, et sous une deuxième forme aux industriels, laboratoires ou écoles de formation. » L'effectif est actuellement de deux personnes. « Notre machine est made in Lorraine, car le bureau d'études (Ergo) et la société qui la réalise (Koppo) se trouvent dans la région. »
Objectif : 3 millions d'euros de CA en 2022
M-Optics devrait boucler d'ici la fin de l'année une levée de fonds de 190.000 euros, notamment auprès d'Ader Investissements, Atout PME, et Gervais Xolin participations. « Une seconde devrait intervenir d'ici l'été 2016, pour un montant de 80.000 euros. » Pour faire connaître sa société, Moreno Lucchesi va s'appuyer sur une approche commerciale, le réseau de partenaires qu'il a su tisser durant son parcours professionnel, mais également sur les salons spécialisés. Le président de M-Optics a également obtenu au total 300.000 ? d'aides et de prêts, notamment de la part du Réseau Entreprendre, ou de Bpifrance. L'objectif pour 2016 est d'atteindre un chiffre d'affaires de 200.000 ? sur un exercice de 18 mois, « avec trente machines vendues aux opticiens, et une dizaine aux industriels. » L'effectif atteindra cinq personnes. « Nous visons d'ici 2022 un chiffre d'affaires de près de 3M?, pour une douzaine de salariés », précise Moreno Lucchesi. L'activité se sera d'ici là développée entre autres sur les verres pour astigmates.
I.S.
OPTIQUE Après avoir travaillé 25 ans chez Essilor, Moreno Lucchesi a créé il y a un an sa société, qui fabrique des machines contrôlant le montage des verres progressifs.