Vous avez déjeuné ce midi avec Pierre Gattaz et plusieurs dirigeants et élus lyonnais. Dans quel état d’esprit sont-ils ?
Dans un état d’esprit d’incompréhension. Nous avons d’un côté un gouvernement qui affirme « j’aime l’entreprise » comme nous l’a déclaré Manuel Valls le 27 août dernier, et des annonces qui vont dans le bon sens. Et de l’autre, nous avons la réalité, c’est-à-dire un décret sur le compte pénibilité, la loi Hamon qui impose aux dirigeants d’informer leurs salariés s’ils cèdent leur entreprise, et le contrat de travail à temps partiel qui ne peut descendre en dessous de 24 heures hebdomadaires. Nous pensons que tout cela est lié à la situation politique du gouvernement pris entre deux eaux : il y a d’un côté les socio-démocrates, incarnés par Gérard Collomb à Lyon, Manuel Valls et Emmanuel Macron et de l’autre, dans ce même gouvernement, ceux qui rejettent l’entreprise et confondent marges avec dividendes. Voilà ce qui explique notre mobilisation de ce soir : l’incompréhension et le décalage entre les annonces et la réalité.
Comment le Medef réagit il aux déclarations très sévères faites hier à l’endroit de cette mobilisation de la part de Manuel Valls et Emmanuel Macron ?
Nous ne nous braquons pas sur les déclarations. Il y a une part de jeu d’acteurs là-dedans. Nous pensons qu’ils ont aussi en ligne de mire le congrès du PS, et la volonté d’apaiser dans leurs rangs, même si ce congrès ne se tient qu’en juin. Pour nous, ce qui compte c’est la réalité des textes.
Comment va se dérouler cette mobilisation ?
Le discours de Pierre Gattaz est très attendu, de même que celui de Jean-François Roubaud. Nous avons filmé des dirigeants d’entreprises qui témoigneront très concrètement de leurs difficultés face aux textes en vigueur et à venir. Il y aura aussi sans doute quelques sifflets dans la salle, mais aucun mot d’ordre pour souffler dedans !
Des élus lyonnais ou « officiels » sont-ils attendus ce soir ?
L’adjoint aux Finances de la Ville de Lyon, Richard Brumm (ex-avocat d’affaires, auto-proclamé sarkozyste en 2007) avec qui Pierre Gattaz et moi-même avons -entre autre- déjeuné à midi, regrette de ne pas pouvoir venir, il a d’autres obligations majeures. Pour le reste, j’ignore, par exemple, si Gérard Collomb sera présent.