Lyon : L'IFPEN et Michelin avancent sur l'après-pétrole

Lyon : L'IFPEN et Michelin avancent sur l'après-pétrole

Un bilan conforme au planning. Trois ans après avoir annoncé un partenariat dans le domaine de la chimie du végétal visant à développer et commercialiser un procédé de production de butadiène biosourcé (biobutadiène), alternative au pétrole pour fabriquer des pneus, Michelin et l’IFPEN ont dressé un bilan en adéquation avec leurs prévisions.

En 2012, Michelin avait approché l’opérateur public de recherche, spécialisé dans les domaines de l'énergie pour l’aider à développer une matière destinée à se substituer au pétrole. Objectifs : diminuer sa dépendance à l’or noir tout en respectant ses engagements environnementaux (diminution de 20% de l’empreinte carbone des pneus entre 2010 et 2030). A mi-parcours, le pari est tenu. Jérôme Fournier, directeur R&D développement élastomères au sein de Bibendum (112300 salariés, dont 6000 en R&D, 20Mds€ CA) explique que les deux partenaires « arrivent au terme d’une phase d’exploration de trois ans qui devait nous permettre de parvenir à produire du biobutadiene. Nous avons désormais identifié le chemin technologique et passons en phase de développement du procédé avec la construction d’une Unité Préindustrielle (EPI) expérimentale à Bassens à côté de Bordeaux. En 2020 nous serons en mesure de proposer une licence pour les industriels qui voudront fabriquer du butadiène ».

Usine en 2022

Michelin envisage la construction d’une usine à partir de 2022 qui devrait produire 150 000 tonnes de butadiène par an. L’emplacement du site de production n’est pas encore arrêté, mais parmi les critères de choix figurent la qualité de la filière pouvant fournir à l’usine sa matière première renouvelable, à savoir les déchets forestiers et agricoles. Le prix du baril de pétrole sera également un critère important. « A 30$ le baril il n’y a aucun intérêt à produire du bio butadiène, mais nous pensons que ce prix très bas va faire chuter l’investissement dans l’exploration des ressources pétrolifères. Cette chute des investissements nous prépare à un retour de cycle très brutal à la hausse des prix du Brent », estime le président de l’IFPEN, Didier Houssin. Cette inversion de cycle pourrait idéalement se produire lors de l’industrialisation de la technologie, ce qui assurerait la rentabilité de cette voie « Bio » et garantirait à Michelin la sécurité de son approvisionnement.
D’ici 2022 , la production de cette matière première renouvelable devrait entrer à hauteur de 15 à 20% dans les pneus de nos voitures.