À Gerland, la chaufferie biomasse de Surville a changé de visage. Dalkia, filiale du groupe EDF, y a mis en service un système inédit de récupération de chaleur sur les fumées, une première en France à cette échelle.
Un système ingénieux
L’idée est simple, mais sa mise en œuvre relève de la haute ingénierie : récupérer la chaleur contenue dans les fumées issues de la combustion du bois. "En valorisant une source d’énergie jusqu’alors inexploitée, nous ouvrons la voie à de nouvelles solutions d’efficacité énergétique", résume Jérôme Aguesse, directeur régional de Dalkia.
Désormais, les fumées autrefois rejetées à 120 °C sont récupérées avant d’être refroidies à 40 °C grâce à un système de condensation.
Ce procédé "qui liquéfie les fumées" permet non seulement de capter la chaleur, mais aussi de filtrer les particules fines, ramenant les émissions à des niveaux quasi indétectables. Résultat : 50 GWh de chaleur récupérés chaque hiver, soit la consommation de 5 700 logements supplémentaires alimentés par le réseau lyonnais.
Chauffer et décarboner
"Nous faisons d’une contrainte – la gestion des rejets – une ressource utile pour chauffer des milliers de logements sans énergie supplémentaire", se réjouit Bruno Bernard, président de la Métropole de Lyon. L’élu rappelle que la chaleur issue des réseaux urbains est "30 % moins chère" que les énergies fossiles.
Avec 10 400 tonnes de CO2 évitées chaque année, soit l’équivalent de 4 700 voitures retirées de la circulation, la chaufferie de Surville illustre la capacité des territoires à innover face à l’urgence climatique.
Le projet, d’un coût total de 16 millions d’euros, a bénéficié d’un soutien de 7 millions d’euros de l’Ademe. "Cette installation exemplaire transforme une perte énergétique en ressource majeure pour le réseau lyonnais", insiste Franck Dumaitre, directeur de l’agence pour l’Auvergne Rhône-Alpes.
100 000 logements alimentés
Le réseau de chaleur urbain de Lyon Centre Métropole, géré par Dalkia (22 000 salariés), dessert aujourd’hui près de 100 000 logements en chauffage et eau chaude sanitaire. L’installation de Surville vient renforcer cette infrastructure, qui s’appuie déjà en grande partie sur des énergies renouvelables.
Sur le toit de la chaufferie, une centrale photovoltaïque "citoyenne" complète le dispositif. Portée par l’association 1 2 Toits Soleil, elle déploie 250 m² de panneaux solaires pour une puissance installée de 36 kW, bientôt injectée sur le réseau d’Enedis. Une manière d’associer les habitants à la transition énergétique.