Luxembourg : Le secteur des assurances fait son marché en France

Luxembourg : Le secteur des assurances fait son marché en France

Les assureurs luxembourgeois ont le sourire. Dévoilés en mai, par l'Association des compagnies d'assurances (Aca), les résultats de l'année 2014 sont bons. Les affaires se développent notamment très bien sur le marché français.

L'assurance luxembourgeoise se porte bien. En 2014, le chiffre d'affaires global s'est établi à 26,47 milliards d'euros, soit une progression de 18,88%. Le résultat après impôt a atteint 367 millions d'euros. Au niveau national, le marché « vie » enregistre une progression exceptionnelle de 62,28% par rapport à 2013 pour franchir le cap des 2 milliards de primes émises (2,04 milliards). « Une augmentation très substantielle est notamment due à des affaires uniques exceptionnelles », précise l'Aca, histoire de souligner que cette forte progression ne s'inscrit pas dans une tendance durable. En ce qui concerne le marché non-vie (assurances automobile, maison….), il est aujourd'hui mature. Il évolue néanmoins de 2,19%, toujours sur un an, pour atteindre 843 millions d'euros. A l'international, le marché non-vie enregistre également de belles performances puisqu'il progresse de 7,31% pour atteindre 1,96 milliards d'euros. Mais le principal marché des assureurs luxembourgeois reste, bien entendu, celui de l'international vie. « De par un encaissement de primes à hauteur de 21,62 milliards d'euros, le marché international vie reflète une année remarquable (+17,81% par rapport à 2013) », souligne Marc Hengen, administrateur-délégué de l'Aca.

La France en tête

Cette progression est liée au positionnement d'acteurs luxembourgeois sur de nouveaux marchés situés en dehors de l'UE. Ces derniers affichent une hausse de 14%. Mais la croissance est surtout importante sur deux marchés traditionnels : l'Italie et la France. En 2014, 36% du total des primes collectées à l'international l'ont été en France, ce qui représente près de 8 milliards d'euros, contre environ 6,5 milliards en 2013. A titre de comparaison, l'Italie, le deuxième marché le plus important, représente un peu moins de 4 milliards d'euros de primes. L'échange automatique d'informations n'a donc pas eu d'impact sur l'évolution des affaires. L'Aca s'est d'ailleurs toujours déclarée en faveur de plus de transparence. Ce n'est donc pas pour des motivations fiscales que les Français, fortunés, plébiscitent l'assurance vie luxembourgeoise. La stabilité de l'économie et de la politique grand-ducale en est une. Mais cela tient surtout aux solutions proposées. L'assurance-vie luxembourgeoise a pour particularité de permettre l'élaboration de solutions véritablement sur-mesure, ce que les assureurs français très concentrés sur leur marché national, n'offrent pas avec autant de latitudes. Autre point fort, la sécurité. Elle est optimisée par ce que l'on appelle le « triangle de sécurité » qui impose que les actifs des assureurs soient déposés dans une banque dépositaire agréée par le Commissariat aux Assurances, donc séparés physiquement et juridiquement de ceux de la compagnie d'assurance.

La Belgique dans le collimateur

Il est un autre facteur à prendre en considération : la France joue le jeu de la concurrence. Ce qui n'est pas le cas de tous les pays européens. « Les assureurs luxembourgeois opérant en LPS (libre prestation de services) doivent faire face au quotidien à la multiplication de petites et grandes entraves aux principes du marché unique », souligne l'administrateur-délégué. En ligne de mire, la Belgique où les affaires enregistrées par les compagnies d'assurance du Grand-duché, affiche un léger recul. « Ce pays impose à ses ressortissants qui ont une assurance vie au Luxembourg de le préciser sur leur déclaration d'impôts, ce qui n'est pas le cas si cette assurance est celle d'une compagnie nationale. Cela ne change rien car les citoyens européens peuvent souscrire où bon leur semble mais bien entendu ça jette le trouble dans la tête des gens », conclut Marc Hengen.