Pour Philippe Renaudi et Honoré Ghetti, respectivement président et vice-président de l'UPE 06, l'heure est à la mobilisation générale. « Il est essentiel pour les entreprises et les salariés de se mobiliser afin de faire le bon choix, car de ce vote dépendra notre avenir non pas pour les cinq prochaines années mais pour bien plus longtemps ». D'où cette petite mise au point, ce mardi 18 avril, à quelques jours du premier tour de l'élection présidentielle, sur ce que veulent les entreprises pour retrouver le chemin de la croissance et de l'emploi et ce que proposent les cinq principaux candidats, Marine Le Pen (FN), Emmanuel Macron (EM), François Fillon (LR), Jean-Luc Mélenchon (Les Insoumis) et Benoît Hamon (PS).
« L'Europe n'est pas le problème, c'est la solution »
Ce prisme économique laisse entrevoir un gouffre abyssal entre les positions des unes et celles de certains autres, notamment sur l'Europe et l'Euro, « dont on ne cesse de faire les boucs émissaires de toutes nos difficultés économiques ». Europhiles convaincus, les patrons azuréens ne voient donc pas en l'Europe et sa monnaie unique un problème, mais "une force" et "une solution", même lorsque le sujet porte sur les fameuses directives européennes qui, « quand elles ne sont pas sur-transposées par nos parlementaires et appliquées de manière effective », « permettent d'unifier nos conditions d'exercices dans les différents pays ». Quant à la sortie de l'Euro, « elle aurait des effets catastrophiques sur notre économie, sur le pouvoir d'achat des Français et sur le financement des entreprises ». Conclusion de Philippe Renaudi : « Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon se trompent de combat ». « Ce n'est pas l'Euro qui a créé en 15 ans les 1 500 pages de plus du Code du travail, qui fait que les dépenses publiques en France sont à 57% du PIB ou que la fiscalité des entreprises est délirante ».
Des réformes ambitieuses
Car, la problématique des entrepreneurs, c'est bien - et toujours - le manque de compétitivité des entreprises françaises et la rigidité du Code du travail qui prennent leurs racines « dans notre incapacité à nous réformer depuis 30 ans ». Deux sujets qui doivent donc faire l'objet, pour l'UPE 06, de réformes ambitieuses, qu'elles concernent le poids des charges fiscales et sociales, l'environnement administratif dans lequel les entreprises évoluent ou le Code du travail auquel elles sont assujetties. « Le Code du travail ne pousse pas les entreprises à prendre le risque d'embaucher même si elles en ont besoin ». Chose d'autant plus préjudiciable que, pour Philippe Renaudi, du travail il y en a, « contrairement au scénario destructeur que porte Benoît Hamon ». Encore faut-il développer les formations qui vont bien. Et le patron des patrons de citer le cas de la pépite sophipolitaine Inventy, à la recherche de 35 informaticiens et qui jusqu'à présent fait choux blanc.
Deux candidats sur cinq
« Sur les cinq candidats majeurs, seuls deux assument l'économie de marché, l'internationalisation, l'Europe et l'entreprise ». En l'occurrence François Fillon et Emmanuel Macron, qui sont donc, pour l'organisation patronale, les candidats les plus sérieux économiquement. Et ce, même si le programme du leader d'En Marche ! fait l'objet de quelques réserves, notamment sur l'ouverture des droits au chômage pour tous, la baisse des charges sur les bas salaires « qui ne bénéficiera pas aux emplois de demain, plus qualifiés avec la montée en puissance du numérique », ou encore la taxation des contrats courts « qui risque de tuer les filières employant des saisonniers ». Bref, s'il fallait n'en retenir qu'un, ce serait François Fillon, dont « le programme économique est le plus proche de nos attentes ». Reste à savoir si une majorité des Français partagera cet avis.