La présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, invitée par Emmanuel Macron pour l’événement "Choose Europe for Science", s’est exprimée le 5 mai devant un amphithéâtre de scientifiques du monde entier, pour vanter les mérites de la recherche européenne. But de l'opération : séduire les scientifiques étrangers. Notamment ceux des États-Unis, qui font face à une "fuite des cerveaux" depuis que Donald Trump multiplie les coupes budgétaires à l’égard des universités et centres de recherche.
Investissements, nouvelle bourse et aide aux jeunes chercheurs
"Nous allons mettre une enveloppe supplémentaire de 520 millions d’euros sur la table, pour 2025-2027", a d’abord déclaré Ursula Von der Leyen. Cette dernière a également fait part de la création d’une "super bourse de 7 ans", couplée à un "doublement du montant des bourses accordées au comité européen scientifique". Un soutien qui s’applique dès cette année, et sera étendu à 2026 et 2027, a précisé la présidente de l’UE.
"Nous étendons notre soutien financier aux jeunes scientifiques en début de carrière, au-delà des deux années prévues. Ceux qui choisissent l’Europe auront davantage de financements, plus de projets sur le long terme", a expliqué Ursula Von der Leyen. Une manière de pallier le manque de perspectives dont les chercheurs européens souffrent parfois, comme la présidente de la Commission l’avait souligné un peu plus tôt.
3 % du PIB de l’UE investis dans la recherche en 2030
En marge de ces engagements à effet rapide, l’Union européenne s’engage sur le moyen terme à soutenir la recherche scientifique. "Nous voulons atteindre 3 % du PIB de l’UE en termes d’investissements dans la recherche d’ici 2030", a rappelé la présidente de la Commission, devant l’amphithéâtre de la Sorbonne. L'effort de recherche s'élève à 2,11 % du produit intérieur brut dans l'Union européenne en 2022, selon les estimations de l'OCDE. En France, il se monte à 2,18 %.
Faciliter l’accès des start-up au capital-risque
Les aides ne vont pas seulement aux chercheurs, mais aussi aux entreprises. "Nous voulons aller plus vite, de l’étape de la découverte à celle du marché", a assuré Ursula von der Leyen, qui a reconnu plus tôt "une bureaucratie trop lourde" et "un chemin de la recherche fondamentale au marché, pas assez rapide". Ainsi, "nous allons créer un acte européen sur l’innovation et élaborer une stratégie, pour permettre aux start-up de dépasser les barrières réglementaires et leur faciliter l’accès au capital-risque", a-t-elle déclaré.
Côté France, 100 millions d'euros supplémentaires pour la recherche
Emmanuel Macron, qui a pris la parole après Ursula Von der Leyen, dans un long discours, a annoncé un investissement de "100 millions d’euros, à travers France 2030".
Un soutien qui s’inscrit dans la continuité de "Choose France", une plateforme lancée le 18 avril pour présenter les projets scientifiques financés par le pays, et ainsi se positionner comme lieu d’accueil pour les chercheurs internationaux. Selon Emmanuel Macron, le site a généré 30 000 connexions, et plusieurs centaines de dossiers ont été ouverts, depuis son ouverture.