Après la fusion de ses ex-composantes d’Occitanie Ouest et Est, annoncée l’été dernier, la nouvelle UIMM Occitanie veut jouer de sa masse critique pour se faire entendre. Représentant 710 établissements et 86 000 employés, elle s’affiche comme la deuxième plus grande chambre syndicale des industries et métiers de la métallurgie après l’Île-de-France.
Lors d’un point presse tenu dans son pôle de formation à Baillargues (Hérault), qui forme 520 alternants par an (sur les 1 000 qu’elle accueille en région), elle a présenté sa feuille de route à trois ans, écrite "en prenant nos responsabilités" selon son président, le Toulousain Didier Katzenmayer (Airbus). "Elle nous permettra de nous projeter sur une certaine stabilité économique, alors que la séquence politique de 2026, avec le débat budgétaire, les élections municipales et la campagne pour la présidentielle, ne nous aide pas", cingle-t-il en guise d’introduction.
Quand les contraintes s’accumulent
Et d’enfoncer le clou : "Dans l’après-Covid, les contraintes s’accumulent, entre la hausse des coûts énergétiques, de la pression fiscale et de la concurrence internationale. On se bat pour faire comprendre aux parlementaires français et à l’Europe qu’on ne peut plus faire face, car trop de charges nous pénalisent au quotidien. Il faut bien réfléchir aux ambitions qu’on se donne, notamment sur ce relais économique qu’est l’industrie : un emploi créé dans la filière se traduit par trois emplois dans les services. Sans l’industrie, on n’est rien dans la compétition mondiale, il faut arrêter de dire le contraire !"
Une mission d’influence tous azimuts
De fait, la nouvelle organisation de l’UIMM Occitanie est censée refléter ce credo. Flanqué de son premier vice-président, le Languedocien Eric Fouillot (Qair), Didier Katzenmayer annonce la création de 2 vice-présidences : l’une dédiée à l’emploi et à la formation, l’autre à l’initiative "France Industrie", portée par l’UIMM comme chef de file en Occitanie.
Par ailleurs, l’organisation se dote de 11 antennes locales pour relayer ses actions. "Nous avons voulu cette fusion pour être au plus proche des adhérents. Les présidents d’antennes feront le lien entre eux et les exécutifs locaux ou les gouvernances telles que les préfectures ou la Banque de France. Ils pourront s’exprimer haut et fort", rajoute le président. Lequel parle ouvertement d’une mission d’influence, de "la capacité à sensibiliser les institutionnels à tous les étages".
Attirer les nouveaux talents
Avec une vice-présidence dédiée, l’UIMM Occitanie veut faire de la formation une de ses priorités. Dans un contexte national où la filière aura besoin de 200 000 emplois par an d’ici 2035 (dont 10 % en Occitanie), elle se heurte à la pénurie de talents. "Sur la formation, les choix faits récemment n’ont pas été visionnaires. Quand on supprime les maths au lycée, on se fragilise. Quand on réduit le financement de l’apprentissage pour motif budgétaire, on se défausse sur les entreprises qui ne peuvent pas compenser. Nos métiers forts comme l’aéronautique et les énergies renouvelables ont besoin d’innovation, mais pour ça, il faut le niveau de formation correspondant", estime Didier Katzenmayer.
En attendant, l’UIMM Occitanie entend puiser le niveau d’expertise dont elle a besoin dans ses pôles de formation (4 en région) et dans la formation continue. Elle promet aussi de nouvelles campagnes de sensibilisation pour attirer les jeunes talents, et notamment les jeunes filles (taux de féminisation de la filière : 7 %). En 2025, l’organisation a touché un total de 14 500 personnes par ce biais, dans les collèges et lycées occitans, ou dans les programmes de formation. Son ambition pour 2026 : "Mettre ces publics toujours plus au contact de nos entreprises industrielles".