À l'occasion de la Convention Projets du Pôle de compétitivité Mov'eo, son nouveau président Luc-Alexandre Ménard nous livre ses réflexions sur l'avenir du secteur automobile.
Après moins de quatre ans d'existence, le pôle annonce de nouveaux positionnements stratégiques. Quel est l'enjeu pour Mov'eo? Nous sommes un pôle jeune qui s'est constitué autour de deux fondements techniques: La mobilité et la sécurité d'une part et la motorisation et les évolutions de la combustion interne d'autre part. Et cela ne change pas! Mais le fait que le pôle MTA nous ait rejoint nous a permis de développer deux nouveaux domaines d'activités scientifiques: Les systèmes de stockage de l'énergie et la mécatronique. Et derrière tout ça, il y a le moteur électrique.
L'absorption du pôle Poitevin MTA marque donc un tournant dans le développement de Mov'eo? La nouveauté, c'est l'arrivée de l'énergie électrique comme élément moteur de la mobilité des véhicules. L'absorption de MTA, en quelque sorte, nous donne le droit d'y aller! Il s'agit d'un véritable défi pour nous qui sommes à la pointe en matière de combustion interne. Une révolution est en marche, il faut en être acteur et pas spectateur.
La voiture électrique est-elle une alternative incontournable pour l'automobile de demain?
Je crois que l'automobile va rester un mode de déplacement important, et même qu'il y en aura de plus en plus, mais avec toujours en tête la volonté de répondre au double défi du coût des énergies fossiles et du réchauffement climatique. C'est pour cela qu'il faut rester vigilant et continuer de financer des projets de recherche.
Moteur thermique ou électrique, faudra-t-il faire un choix?
Résolument non! Nous sommes passés en vingt ans de 10l/100 à 5l/100 et des innovations sont encore à venir. Il se passe de grandes choses dans le domaine du moteur thermique.
Comment imaginez-vous la voiture de demain?
On ne conduit déjà plus comme il y a dix ans, alors on peut raisonnablement penser qu'en 2020 la voiture sera franchement différente de ce qu'elle est aujourd'hui. Il n'y aura pas moins de voitures, à mon sens, mais elles devront apprendre à se marier avec les autres modes de transports. La vraie révolution, c'est l'intermodalité.
Interview réalisée par Guillaume Ducable