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LPR accélère le déploiement de ses palettes rouges
Toulouse # Logistique # Implantation

LPR accélère le déploiement de ses palettes rouges

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Fraîchement installée dans son nouveau siège toulousain, LPR - La Palette Rouge enregistre une forte croissance en 2024. Expert européen de la location-gestion de palettes pour ses clients, cette entreprise de l’économie circulaire ambitionne de renforcer l’extension de ses activités à l’est du continent, où elle possède déjà trois filiales.

LPR - La Palette Rouge revendique un stock de 30 millions de palettes — Photo : LPR - La Palette Rouge

LPR - La Palette Rouge (371 collaborateurs, dont 140 à Toulouse, CA 2023 : 385 M€), a emménagé au début de l’été 2024 dans ses nouveaux locaux toulousains, chemin de la Terrasse. La société, jusqu’alors établie à Balma (Haute-Garonne), a transféré son siège social dans ce bâtiment de 2 500 m2 qu’elle loue, autrefois occupé par le promoteur immobilier GA Smart Building, dont les espaces modernes et les installations ergonomiques améliorent l’environnement de travail de ses salariés.

Ce déménagement accompagne la forte croissance de cette entreprise discrète, créée en 1992, et qui, en trente ans, est devenue un leader européen de la location-gestion de palettes pour les industriels du secteur des biens de consommation courante et pour les distributeurs (Nestlé Waters, Coca-Cola, Heineken, Lidl…). Propriété du groupe hollandais Euro Pool Group dirigé par Gerjo Scheringa, LPR - La Palette Rouge prévoit une augmentation de son chiffre d’affaires à hauteur de 420 millions d’euros en 2024 (il était de 236 M€ en 2019).

Jean-Luc Guénard, directeur général de LPR - La Palette Rouge — Photo : Hugo Goudswaard

131 millions de mouvements de palettes en Europe

Basée sur un système d’économie circulaire, dénommé "pallet pooling", elle prend en charge la gestion de la supply chain de ses clients en proposant un service de palettes réutilisables, contribuant ainsi à la réduction de son empreinte carbone. Elle opère 131 millions de mouvements de palette à travers l’Europe en 2024. Ses entreprises clientes louent des palettes plutôt que de les acheter, s’affranchissant des coûts de stockage, et réduisent ainsi leurs coûts logistiques grâce à la mutualisation des palettes entre différents acteurs : producteurs, distributeurs, transporteurs… En se faisant livrer selon leurs besoins, elles lissent leurs coûts dans le temps et paient selon leur utilisation réelle. LPR – La Palette Rouge, elle, est responsable de la qualité des palettes, de leur sourcing, de leur maintenance et livraison au moment voulu.

Du bois issu de forêts certifiées PEFC

Conçues pour tous les types de chaînes d’approvisionnement, les palettes sont fabriquées à partir de bois provenant de forêts européennes certifiées PEFC (la certification internationale en faveur de la gestion durable des forêts) et sont systématiquement contrôlées et réparées après chaque utilisation pour assurer un niveau de qualité optimal. Elles sont peintes chez les fabricants qui les livrent directement chez les clients, permettant une économie de transport.

LPR - La Palette Rouge investit chaque année plus de 100 millions d’euros dans l’achat de nouvelles palettes — Photo : LPR - La Palette Rouge

“Nous sommes un acteur indispensable de la supply chain, explique Jean-Luc Guénard, le directeur général de LPR - La Palette Rouge depuis le 1er avril 2022. On trouve aujourd’hui des entrepôts automatisés dans lesquels 150 000 palettes montent à 150 mètres de haut. Notre rôle est de s’assurer que l’unité de production reçoit la bonne palette, avec la bonne quantité et au bon format. Les palettes doivent en effet répondre à un cahier des charges. Pour Kellogg’s, par exemple, il existe des contraintes en termes de taux d’humidité. Avec une palette trop humide, l’emballage risque d’être endommagé. De la même façon, les céréales n’ont pas le même poids que des bouteilles en verre de Nestlé, Perrier, Orangina Schweppes ou Heineken. Les palettes doivent pouvoir absorber ces charges sans risque de se casser.”

137 centres de service

La maintenance des palettes est assurée dans les 137 centres de service que LPR - La Palette Rouge possède en Europe. “Nous ramassons les palettes une fois qu’elles sont vidées de leur produit chez les distributeurs (NDLR : comme Carrefour, Resco, Mercadona, Aldi…). Finalement, nous gérons leur transport en amont et en aval. Entre les deux, nous les suivons par du tracking”, ajoute le dirigeant.

LPR - La Palette Rouge investit chaque année plus de 100 millions d’euros dans l’achat de nouvelles palettes que Jean-Luc Guénard qualifie de “golden bars.” “Je veux que chaque palette qui sort revienne en fin de cycle, appuie-t-il. Si les clients les perdent, nous les leur facturons. Dans notre système, la palette est valorisée. Il n’y a pas de transfert de titre de propriété sur nos palettes.” Ces précautions n’empêchent pas un taux de perte “d’environ 4 %”, selon Hervé Siehr, le directeur financier de LPR - La Palette Rouge.

L'entreprise toulousaine ramasse les palettes chez les distributeurs lorsqu’elles sont délestées de leurs produits — Photo : LPR - La Palette Rouge

L’entreprise toulousaine détient un stock de 30 millions de palettes au coût unitaire d’environ 15 euros. Elle cherche donc à innover en permanence pour améliorer le suivi des palettes. “Nous avons plusieurs solutions en développement, à l’état de pilote, indique Jean-Luc Guénard. Le coût unitaire des trackers reste un frein à leur installation sur chaque palette, de même que leur durée de vie. Nous testons par exemple un dispositif qui nous permet de travailler par échantillonnage, en traçant une palette sur 30 dans une région ciblée.”

11 filiales sur le Vieux Continent

Après avoir traversé avec succès la crise économique liée au Covid, où elle a dû parfois faire face au doublement des prix d’achat de matières premières ou essentielles, LPR - La Palette Rouge, qui enregistre cette année une croissance de 50 % en Allemagne, ambitionne de poursuivre le développement de ses activités sur le Vieux Continent, où elle possède 11 filiales, dans un environnement concurrentiel où le pallet pooling reste dominé par l’australien Chep (les palettes bleues), un groupe au rayonnement mondial. Dans son viseur, les pays d’Europe centrale et d’Europe de l’Est, tout particulièrement, afin de couvrir tout le continent d’ici 2030. Elle y compte déjà des filiales en Pologne (ouverte en 2013), Roumanie (2021) et, depuis octobre 2022, en République tchèque.

“Ces pays n’ont pas la même maturité sur le pooling mais ils commencent à avoir de plus en plus de palettes locatives dans leurs systèmes et nous les voyons comme des opportunités de croissance, à l’instar de la Hongrie, précise Jean-Luc Guénard. Notre objectif est de gérer à la fois les flux exports du marché mais également les flux internes de nos clients industriels qui développent leurs activités, car de plus en plus d’acteurs de grande distribution s’implantent en Europe de l’Est. Il est important de proposer à nos clients une même qualité de service partout où ils se trouvent, dans une démarche constante d’optimisation et de durabilité de leur chaîne d’approvisionnement. Nous travaillons aussi à la conquête de parts de marché dans les pays où nous sommes déjà présents, comme l’Italie. Mais le premier challenge, c’est de garder nos clients.”

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