Depuis 2016, Citéliv (30 salariés, 4 M€ de CA) s’est imposé comme un acteur de référence de la livraison du dernier kilomètre, à Lille et ses alentours. Avec une volonté : allier la décarbonation du transport à une haute exigence en termes de délais, de traçabilité et de qualité de livraison. Le tout, pour un coût maîtrisé.
Accélération du déploiement
Pouvant transporter "du pli à la palette", la flotte de Citéliv, composée de vélos-cargos et de fourgons électriques, dessert particuliers et professionnels sur toute l’agglomération lilloise — et désormais, bien au-delà. Depuis 2023, l’entreprise se déploie dans d’autres villes françaises grâce à la concession, un dispositif proche de la franchise.
"Nous voulions développer l’enseigne ailleurs, avec l’ambition de créer un réseau, en visant les agglomérations de plus de 50 000 habitants. On était plutôt dans une phase de démarrage sur les deux premières années, et désormais, on entre en phase d’accélération. Nous visons un rythme de cinq ouvertures par an", présente Vincent de Guillebon, fondateur de Citéliv.
Un réseau en construction
Aujourd’hui, l’entreprise revendique deux facettes : "On a une casquette vraiment opérationnelle où on gère les flux logistiques, donc reliée au site de Lille, et une casquette de franchiseur." Après Rouen, Reims et Lyon, dont l’activité est désormais bien lancée, c’est à Lens, Valence et Bruxelles que de nouvelles agences doivent ouvrir d’ici la fin 2025. "Nous n’excluons pas d’autres ouvertures en propre, mais l’intérêt de la concession est la rapidité d’essaimage," analyse Vincent de Guillebon.
Avec un ticket d’entrée réduit, autour de 22 000 euros, et un accompagnement rapproché, Citéliv entend donner à des profils variés l’occasion de se lancer dans l’entrepreneuriat. "Nous apportons notre business model, notre expérience et nos outils pour donner de la valeur ajoutée à ce métier, alors qu’il peut être difficile pour les petites structures de faire face aux besoins de recrutement, de développement commercial ou d’investissements. La mutualisation des fonctions support permet de développer le réseau tout en gardant l’agilité, dans un secteur où le service et la relation au client sont essentiels." Les concessions reversent en moyenne 5 % de leur chiffre d’affaires mensuel à la maison-mère.
Financer la croissance
Le site historique de Lille a dégagé près de 2,5 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025, avec une trentaine de salariés. Les autres antennes restent plus modestes, mais sont appelées à croître rapidement. "À Rouen, ils sont une vingtaine de salariés, à Lyon cinq, à Reims une dizaine", illustre le dirigeant. L’ensemble du réseau génère environ 400 000 euros de revenus supplémentaires liés à l’activité de concession. La suite dépendra à la fois de la demande des clients et de la présence de porteurs de projets motivés. "Il faut des profils qui partagent nos valeurs et qui aient envie de faire du transport, de se lancer. Dans les Hauts-de-France, il y a encore un beau potentiel : Amiens, Calais, Arras… Il y a de quoi faire," se projette Vincent de Guillebon.
Pour soutenir ce développement, Citéliv cherche de nouveaux financements. Une première levée de fonds d’un million d’euros a été réalisée il y a deux ans, avec l’entrée de l’IRD et de plusieurs investisseurs privés. "Nous cherchons d’autres partenaires pour accélérer encore la croissance," indique le drigeant.