« Le parallèle entre notre secteur d’activité et celui des bureaux de contrôle est éclairant : ils étaient une centaine il y a moins de 20 ans, ils sont aujourd’hui cinq acteurs importants. » Pour Patrice Cornu, le patron de Venathec, la concentration dans le domaine de l’ingénierie acoustique est inévitable. Et plutôt que subir, Patrice Cornu préfère agir. Sa stratégie est connue depuis quelques années : devenir le leader national sur le marché de l’ingénierie acoustique en France.
Après une phase marquée par des ouvertures d’agences pour mailler le territoire national, pendant laquelle l’entreprise a affiché 25 % de croissance par an, c’est une phase plus offensive qui s’ouvre, avec une première opération de croissance externe bouclée le 22décembre 2015. « Un beau cadeau de Noël », s’amuse Patrice Cornu, qui avait tout de même engagé les discussions avec Jacques Millouet, le président fondateur d’Accord Acoustique depuis 6 mois.
En rachetant 100 % des parts de cette entreprise, basée en Ile-de-France, et qui pèse 1M€ de chiffre d’affaires pour 7 salariés, Venathec gagne « de 5 à 6 ans sur son développement », indique Patrice Cornu. « Dans notre métier, il faut à peu près ce laps de temps pour réaliser un million d’euros de CA après une ouverture d’agence », détaille le patron de Venathec.
De « belles signatures »
Déjà présente en Ile-de-France, avec trois agences, la PME Lorraine ne pouvait pas afficher les références d’Accord Acoustique. « Il y a quelques très belles signatures », se félicite Patrice Cornu qui souligne que de plus en plus de grands comptes, qui ont leur siège à Paris, « veulent signer avec un interlocuteur unique pour leurs problématiques liées à l’acoustique sur l’ensemble de leurs implantations situées sur le territoire national. L’enjeu est d’être capable d’aller faire des mesures partout en France et donc d’avoir une dimension nationale. »
Dans ce schéma, la place pour les petits acteurs se réduit : « Je pense effectivement qu’il faut être gros pour s’imposer. Le marché est pour l’instant atomisé et logiquement, la concentration va mettre un terme à cette situation. Pour nous, l’enjeu est d’être précurseur », souligne le président de Venathec.
Soutenue par l’ILP et la BPI pour les garanties, l’opération a été réalisée en grande partie sur les fonds propres de Venathec. « Il s’agit d’une première opération », dévoile Patrice Cornu. « Le début de l’année pourrait déboucher très rapidement sur une autre opération de ce type. » Fin 2016, Venathec devrait donc peser 4,4M€ de CA et une soixantaine de salariés.
iEar bouscule le marché
L’entreprise lorraine change donc de dimension et pourrait encore accélérer suite à la mise sur le marché de son dispositif iEar. Solution de bridage dynamique des parcs éoliens, iEar a été mis au point par un consortium rassemblant Venathec, Acoem, entreprise spécialisée dans la fabrication de matériels dans le domaine de l’acoustique, le laboratoire INRIA, ainsi que General Electrics et le soutien de la BPI. Pour un montant d’1million d’euros, financés à 50 % par le bureau d’études lorrain, le consortium a mis au point iEar, présenté lors du salon EWEA, qui s’est tenu fin novembre à Paris. « Le premier turbinier mondial est intéressé », lâche Patrice Cornu.
Venathec : Effectif : 47 ; CA : 3,5 M€ ; Contact : www.venathec.com