En Lorraine, l’agence de la SMAC forme pour sécuriser les embauches de demain
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En Lorraine, l’agence de la SMAC forme pour sécuriser les embauches de demain

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L’agence Lorraine Champagne Ardenne de la SMAC, vient de lancer, en partenariat avec le CFA du BTP de Pont-à-Mousson, en Meurthe-et-Moselle, une formation visant à recruter des étancheurs de toiture. Huit apprentis, tous promis à un CDI, ont intégré la première promotion.

Pierre Schaff, le chef du centre Lorraine de l’agence Lorraine Champagne Ardenne de la SMAC, en compagnie de Thomas Colliard (à droite), le responsable commercial de l’agence — Photo : Jean-François Michel

Au sein de l’agence Lorraine Champagne Ardenne de la SMAC, installée à Metz, certains salariés "très expérimentés" détiennent des compétences clés pour l’entreprise. "Normalement, des jeunes devraient être présents pour capter ce savoir-faire, s’approprier ces métiers", décrit Thierry Colliard, responsable commercial pour l’agence Lorraine Champagne Ardenne de la SMAC. "Mais il n’y a pas de relève. Les salariés de 20 à 30 ans capables de prendre la suite de ceux âgés de 45 à 55 ans, ils ne sont pas là, ou en tout cas pas en nombre suffisant." Un constat qui a amené l’équipe de l’agence Lorraine Champagne Ardenne de la SMAC à anticiper les conséquences de cette "pyramide des âges défavorable" au sein de l’effectif pour lancer une formation d’étancheur, en partenariat avec le Centre de formation des apprentis (CFA) du BTP de Pont-à-Mousson, en Meurthe-et-Moselle.

Une stratégie de croissance pour atteindre le milliard d’euros d’activité

Entreprise de taille intermédiaire du BTP basée à Issy-les-Moulineaux, en région parisienne, la SMAC réalise plus de 520 millions d’euros de chiffre d’affaires, avec 2 400 salariés, sur les marchés de l’enveloppe du bâtiment, soit les travaux liés à la façade ou encore à l’étanchéité de la toiture. "Notre objectif pour 2027, c’est le milliard d’euros de chiffre d’affaires", fixe Thierry Colliard. En conjuguant croissances externes et organique, et en additionnant le tout à la nécessité de donner une nouvelle vie aux bâtiments grâce à la rénovation énergétique, l’ETI francilienne est donc lancée dans une stratégie de croissance. À condition de trouver les bras pour exécuter.

Deux des huit apprenants retenus travaillaient déjà pour la SMAC — Photo : Thomas Colliard - SMAC

Des métiers de "transmission"

"Nos métiers ne sont pas très connus", constate Thomas Colliard. L’agence Lorraine Champagne Ardenne, qui emploie une centaine de salariés pour environ 30 millions d’euros de chiffre d’affaires, s’est donc rapprochée du CFA pour combler un déficit : "Aujourd’hui, il n’y a pas de formation d’étancheur ou de bardeur dédiée", regrette Thomas Colliard. Sur certains métiers du BTP plus identifiés, tels que la plomberie ou encore la maçonnerie, les outils mis en place par la filière peuvent assurer un vivier de compétences permettant de recruter. "Traditionnellement, nos métiers du BTP sont des métiers de transmission", détaille Pierre Schaff, le chef du centre Lorraine de l’agence SMAC Lorraine Champagne Ardenne. "Nous avons fonctionné pendant très longtemps avec des salariés que nous avons intégrés puis formés, qui devenaient ensuite autonomes, et parmi eux, se trouvaient les futurs chefs d’équipes." Un mécanisme qui ne fonctionne plus.

Un sourcing mêlant différentes approches

La stratégie retenue a été "d’aller chercher des gens un peu moins formés, pour les amener à se former grâce aux outils du CFA", décrit Pierre Schaff. Concrètement, à l’issue d’une formation de sept mois, lancée le 3 novembre, les huit apprentis retenus par la SMAC pourront décrocher le titre professionnel d'"étancheur toiture bâtiment", le 27 mai 2026. Et si "toutes les conditions sont remplies, nous nous sommes engagés à proposer huit CDI", assure Thomas Colliard. Pour constituer la promotion, la SMAC a proposé à deux intérimaires, déjà employés au sein de l’agence, d’intégrer la promotion. Les services d’Humando, une filiale du géant du travail temporaire Adecco (CA : 5,4 Md€ ; 15 800 salariés), ont trouvé quatre personnes motivées, auxquelles se sont ajoutées via le sourcing de France Travail et de la Mission Locale, deux apprenants. Du côté des équipes du CFA, très concentrées sur l’apprentissage, il a fallu faire évoluer l’offre de formation pour aller vers un contrat de professionnalisation. "Par rapport à leurs usages, les équipes du CFA ont une vraie appétence pour faire évoluer leur offre, notamment pour développer le nombre d’activités et répondre plus précisément aux besoins des entreprises", se félicite Thomas Colliard.

"Redonner de l’air à toute une filière"

Discrets sur les montants engagés pour monter cette formation, les deux dirigeants de la SMAC préfèrent insister sur l’accompagnement mis en place au sein de l’agence. "Il a fallu bousculer les plannings", reconnaît Pierre Schaff, pour que les étancheurs expérimentés puissent prendre sous leurs ailes les jeunes apprentis. À raison de 61 jours au CFA et 69 jours au sein de la SMAC, la formation va impliquer l’ensemble de l’équipe Lorraine Champagne Ardenne. Pour l’instant, la direction de l’agence SMAC n’a pas prévu de reconduire le dispositif mis en place dès l’année prochaine. "Mais par la suite, si nos confrères et concurrents souhaitent s’investir dans cette voie ou si le CFA décide de développer cette activité, cela va permettre de redonner de l’air à toute une filière", anticipe Pierre Schaff.

Pour l’instant, l’activité de l’agence Lorraine Champagne Ardenne de la SMAC n’a pas été abîmée par les tensions sur la main-d’œuvre. "Notre activité est très cyclique, très liée aux conditions climatiques et nous savons multiplier les chantiers grâce à l’intérim et à la sous-traitance, tout en gardant un cœur de savoir-faire", décrit Thomas Colliard. Pour autant, il est temps de "se bouger", estime Pierre Schaff, car "il faut 10 ans pour faire un bon chef d’équipe".

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