« Dans la famille Bachmann, nous sommes tous des autodidactes. Alors évidemment, on mesure l’importance de prendre du temps pour se former régulièrement. » Ancien CJD, membre d’APM, le patron de Noremat, Christophe Bachmann, connaît la valeur du réseau pour un chef d’entreprise. Aussi, quand BPI France lui a proposé d’adhérer à un programme baptisé « Accélérateur PME », il n’a pas hésité : « Les thématiques m’intéressaient et l’audit a été un moment intéressant. Ils ont su pointer du doigt ce qui n’est pas parfait ». En 1981, lors de sa création, Noremat employait deux personnes : aujourd’hui, c’est une ETI de plus de 250 personnes et plus de 50M€ de CA. « Mais il y a encore beaucoup de choses qui reposent sur mes épaules et c’est ce que je vais faire évoluer », détaille Christophe Bachmann.
L’impact du VSV
Concrètement, le chef d’entreprise va s’entourer d’un comité exécutif, « afin de mieux structurer les choses, et de sécuriser l’entreprise ». Fabricant de machines dédiées à l’entretien des accotements routiers, Noremat est en croissance permanente depuis sa création. Touchée par les baisses de dotations attribuées aux collectivités locales, l’entreprise ne se replie pas pour autant : la sortie du VSV (Véhicule Service Viabilité) en 2012, un véhicule complet dédié à l’entretien des routes, a changé l’image de Noremat. « Nous avons quelques mois de retard sur ce programme, mais l’impact de ce véhicule est fort, sur les marchés comme en interne », détaille Christophe Bachmann.
Réalisant 15 % de croissance à l’export, dans une quarantaine de pays, Noremat veut accélérer à l’international : « Notre objectif est de réaliser 50 % de notre production pour l’export, contre 15 % aujourd’hui », dévoile Christophe Bachmann. Un travail de longue haleine, qui passionne le patron de Noremat : « Il faut aller sur le terrain, comprendre le marché, comprendre le client. C’est vraiment ce qui me motive. » Les contacts noués au sein du programme « Accélérateur PME vont là aussi se révéler précieux : « On va pouvoir faire des compléments de gamme avec des importateurs sérieux ». Autre cheval de bataille, la pédagogie : « Les collectivités ont du mal à comprendre qu’une route mal entretenue, c’est des frais très lourds à l’avenir », explique Christophe Bachmann.
L’entreprise propose à ses clients de valoriser les végétaux coupés le long des routes grâce à la méthanisation : « Parfois, je me dis que nous sommes encore trop riches dans ce pays. Une tonne d’herbe, c’est 75 litres de fuel ». Pour faire passer ce message, Christophe Bachmann ne ménage pas ses efforts auprès des élus. « Les mentalités commencent à évoluer, mais c’est long… Il faudrait un peu de cohérence pour travailler plus efficacement. »
Noremat (Ludres - 54) : CA : 55M€ ; Effectif : 253 ; Contact : www.noremat.fr.