Lorraine : Macron au chevet de Saint-Gobain PAM

Lorraine : Macron au chevet de Saint-Gobain PAM

Dumping chinois sur l’acier, commande publique atone, marché à l’export en baisse… La conjoncture n’est pas bonne pour l’usine Saint-Gobain PAM. Pour passer ce cap difficile, la fonderie va placer 1.200 salariés au chômage partiel. Pour Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie, c'est la bonne solution.

C’est une situation temporaire, due à la conjoncture. » Interrogé en marge du comité stratégique de la filière des Industries extractives et de première transformation, qui s’est tenu le 12 avril sur le site Saint-Gobain PAM de Blénod-lès-Pont-à-Mousson, le directeur général de l’usine, Vincent Legros, s’est voulu rassurant : pour le dirigeant de la fonderie, le chômage partiel va permettre à son usine de passer un cap difficile. « C’est essentiellement la commande publique qui nous fait défaut », souligne Vincent Legros. « Toutes les initiatives qui pourront être prises pour la soutenir seront les bienvenues ».

Soutien à l’investissement public

Une référence au plan d’accompagnement doté d’un milliard d’euros et destiné à soutenir l’investissement des collectivités. Un dispositif dont l’existence a été rappelée par Emmanuel Macron lors de son déplacement sur le site de Saint-Gobain PAM, à l’occasion de ce comité stratégique de filière. Pour le ministre, le chômage partiel est la bonne solution pour faire face à une crise conjoncturelle, car elle permet à l’entreprise de s’adapter : « Cela permet notamment de ne pas fermer, de ne pas licencier. Et pendant ce temps, l’appareil de production et les équipes sont préservés », précise Emmanuel Macron. Sans commenter les discussions en cours entre la direction et les organisations syndicales, le ministre a rappelé que la loi prévoyait une indemnisation plancher de 70 %, mais pouvait aller « à 100 % quand le personnel est en formation ».

Une mesure déjà utilisée

Le 25 mars dernier, lors d’un comité central d’entreprise extraordinaire, la direction de Saint-Gobain PAM avait dévoilé sa stratégie : pour faire face à une « réduction notable » des carnets de commande, 1.200 des 1.300 salariés de la société seront mis au chômage partiel.
Pour l’instant, cette mesure est « étudiée » pour une durée de « six mois », précise la direction. Les sites de Pont-à-Mousson et Blénod-lès-Pont-à-Mousson sont concernés. Cette mesure avait déjà été utilisée pour passer un gros trou d’air dans les carnets de commande, il y a trois ans : l’activité était repartie avec la signature d’un contrat de 40millions de dollars avec le Koweït. Aujourd’hui, mêmes les marchés au grand export qui semblent ralentir. « Nos flux ont changé », expliquait Benoît Gautier, le directeur de l’usine Saint-Gobain PAM, au début de l’année : « Le marché européen ne représente plus que 64.000 tonnes par an pour Saint-Gobain PAM, alors qu’il avoisinait 250-300.000 tonnes. En revanche, le grand export atteint 170.000 tonnes, essentiellement vers le Koweït et le Qatar qui continuent de nous préférer aux Chinois ».
Avant de devenir effective, le projet de mis en activité partielle du site doit encore être soumis à la Direction du travail. D’après les syndicats, la mesure permettrait d’économiser 2M¤ sur les salaires et les charges sociales, ainsi qu’1M¤ sur les frais de fonctionnement.
En déplacement dans le Grand Est, le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, a présidé le comité stratégique du 11avril, après avoir visité l’usine Saint-Gobain PAM et rencontré les organisations syndicales. Un ministre sur le terrain, qui a dévoilé quelques pistes pour faire cesser le dumping chinois sur l’acier, qui menace toute l’Europe. Emmanuel Macron souhaite avant tout réduire la durée des procédures anti-dumping, telles qu’elles sont prévues dans les textes : « C’est neuf mois en Europe, contre cinq mois aux États-Unis », a détaillé le ministre.

L’Europe de l’acier

« Il faut que la Commission européenne comprenne que chaque mois perdu, ce sont des emplois perdus. » Le ministre a aussi appelé à réviser les tarifs anti-dumping : « Ils sont de 300 % aux États-Unis contre 20 % en Europe… » Souhaitant visiblement voir la Commission européenne s’engager plus fortement contre le dumping chinois, Emmanuel Macron a rappelé que « l’Europe s’est construit par l’acier. C’était la CECA. Elle est aujourd’hui testée sur sa résistance dans la sidérurgie et subit des attaques manifestement déloyales. Mais l’Europe doit faire respecter les règles ».

Saint Gobain PAM (Blénod-lès-Pont-à-Mousson - 54) : Effectif : 1.300 ; CA 2014 : 800 M€.