Une fusion entre les CCI de la Meuse et de la Haute-Marne ? Improbable, ce scénario a été imaginé par les présidents des chambres respectives, dont Michel Jubert, président de la CCI 55. Imaginé et déjà considéré comme acquis, alors que le projet doit être soumis au bureau de l'institution régionale ce 18 septembre.
Le président de la CCI Lorraine, Paul Arker, a tenu à remettre un peu d'ordre dans le débat : « Cette idée est encore embryonnaire puisque les deux structures ne savent encore pas situer leur siège, leur organisation, budget, missions ou même leur nom. En tout état de cause, c’est l’Assemblée générale de la CCI Lorraine seule (et par parallélisme des formes celle de la CCI Champagne-Ardenne) qui peut avaliser ce projet de fusion inter-départementale. Et une majorité des 2/3 devrait être trouvée pour l’entériner. »
Majorité qui semble aujourd'hui impossible à trouver au niveau de l'assemblée générale de la CCI de région Lorraine. Partie en pôle position pour fusionner, les Lorrains semblent aujourd'hui empêtrés dans ce projet qui ne parvient pas à s'imposer. Pourtant, "une CCI Lorraine unique représentera plus de 39.5 % du poids économique donc des voix de la future CCI ACAL et sera donc en position de force pour représenter notre région. Ma mission au sein de la CCI régionale est de fédérer les énergies, mobiliser les compétences, mutualiser les moyens pour que nous soyons plus efficaces et opérationnels. Elle n’est pas de favoriser la dispersion et la cacophonie", souligne le président Arker.
Concrètement, aujourd'hui la fusion des CCI lorraines est déjà une réalité : 400 personnes y sont salariés, contre 8 au niveau meusien. Services et outils sont imaginés et mis en oeuvre depuis l'échelon régional. A quoi sert donc de s'accrocher à l'échelon départemental ? Ensemble, Meuse et Haute-Marne pèseraient 6% au sein de la future CCI de l'ACAL. Ces discussions, plutôt stériles sur la question du service aux entreprises, ont été rendues possible par le retrait des dispositions règlementaires relatives aux CCI contenues dans la loi Macron. De là à imaginer que ce retrait arrange le gouvernement, en lui permettant d'observer le réseau consulaire s'auto-détruire tout en imposant des ponctions se comptant en centaines de millions d'euros sur les budgets afin de favoriser la mise à mort...