Lorraine : Florange : Hollande reprend le dossier

Lorraine : Florange : Hollande reprend le dossier

Vendredi 30 novembre au matin, le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, est descendu prendre le petit-déjeuner avec les métallos de Florange qui campaient devant son ministère depuis deux jours.
« C'est le président de la République qui décidera » s'il faut nationaliser ou non le site de Florange, leur a indiqué Arnaud Montebourg.



Depuis mardi, le centre de gravité des décisions concernant Florange s'est déplacé de la rue de Bercy vers l'Elysée, où le chef de l'Etat a visiblement décidé de reprendre le dossier en main. Peu de choses ont filtré de l'entrevue entre François Hollande et Lakshmi Mittal, mais les deux hommes ont dû s'accorder sur le fait de continuer à discuter au-delà du delai des 60 jours fixé le 1er octobre dernier.



Les déclarations brutales du ministre du Redressement productif à l'encontre de la personne de Lakshmi Mittal n'ont certainement pas aidé François Hollande à trouver un compromis. Car quoiqu'en dise Arnaud Montebourg, l'avenir de Florange ne pourra pas se résumer à l'alternative suivante : « nationalisation» ou « reprise».



Brandie par Arnaud Montebourg comme une solution temporaire, la nationalisation a été évoquée par le ministre lors de sa rencontre avec les métallos de Florange.
« Tout est prêt, le montage financier est ficelé, ils sont prêts » , a rapporté Edouard Martin, de la CFDT. Si ce scénario est retenu, le gouvernement français prendra alors le risque dedéstabiliser l'ensemble des activités de Mittal en France : le site de Dunkerque envoie en effet 30 % de ces brames vers le laminoir de Florange.



Concernant le mystérieux repreneur,
« prêt à investir 400 millions d'euros », il semble aujourd'hui acquis qu'il veut plus que la phase liquide (les métallos désignent par "phase liquide" tout ce qui se trouve en amont de la production des brames, donc la cokerie, les hauts-fourneaux et la coulée continue). Dans ce cas, le bras de fer engagé aura pour objectif de faire plier Mittal et de le contraindre à céder l'ensemble du site.



De l'avis des experts, un investisseur privé devra avant tout compter sur
le froid (le "froid" désigne la phase de transformation des brames : à Florange, c'est essentiellement le laminoir, qui permet de produire des aciers plats) pour faire vivre le site :
le P3 est en effet noyé depuis plusieurs mois et
le P6 ne doit pas être loin d'être inutilisable (P3 et P6 sont les noms des 2 hauts-fourneaux de Florange). Il faut donc un industriel qui ait un savoir-faire et les reins très solides pour relancer la phase à chaud. Actuellement, deux noms circulent :
Eramet et
CMI.




Le groupe Eramet, un minier français, tient la corde, mais la récente correction subie en bourse pourrait inciter les dirigeants à se montrer très prudents. Le capitale du groupe est détenu à 26 % par le Fonds stratégique d'investissement. Ce qui accrédite l'hypothèse d'une reprise qui pourrait être menée main dans la main avec l'Etat.



L'autre nom, c'est celui de
Cockerill Maintenance et Ingénierie : ce groupe belge est dirigé par un lorrain, Bernard Serin, et la société réunie savoir-faire et connaissance du dossier. Entre autre activité,
Bernard Serin est le président du
FC Metz et présente toutes les qualités pour réussir, sauf l'argent nécessaire. Mais un coup de pouce de l'Etat pourrait là aussi changer la donne.