Avenue des Jeux devrait changer de mains dans le courant du mois de décembre. Fondateur de l’entreprise en 2004, Éric Lathière Lavergne cherche en effet à céder la majorité du capital, qu’il partage avec CM CIC Capital Finance et SG Capital Partners. À qui ? Le chef d’entreprise entretient pour l’instant le mystère.
« Nous avons reçu à Vieillevigne tous les industriels du jouet français, ainsi que des Britanniques. Nous avons aussi rencontré des spécialistes de l’internet et des financiers », indique l’entrepreneur. Celui-ci pourrait rester à la direction opérationnelle de l’entreprise… ou quitter le navire.
« Tout dépendra du repreneur. Le plus important ce n’est pas moi, c’est la pérennité de l’entreprise », poursuit-il.
Premières pertes
Malgré une rapide ascension, Avenue des Jeux a essuyé les premières pertes de son histoire en 2011. Et les comptes de l’exercice 2012 devraient également être dans le rouge. À « un degré moindre », précise l’entrepreneur. « En sept ans, Avenue des Jeux a accumulé un million d’euros de bénéfices. Nous avons quasiment perdu les bénéfices de ces sept premières années en deux ans », indique Éric Lathière Lavergne.
Avenue des Jeux traverse aujourd’hui une crise de croissance. Depuis trois ans, le distributeur de jouet a lourdement investi. Ses effectifs sont ainsi passés de 28 à 70 salariés. Et sur le plan matériel, la PME a injecté sept millions d’euros dans la construction d’un site de 25.000 m² à Vieillevigne et un million d’euros dans la mise en route d’une nouvelle ligne logistique.
Le choix de créer, pour 700.000 euros, un magasin de jouet de 997 m² à Vieillevigne a, lui aussi, pesé sur les comptes d’une entreprise qui réalisait jusqu’alors la totalité de son business sur le web. Et qui serait sans doute bien restée sur son positionnement initial.
« Ce choix nous a été imposé par la stratégie de Playmobil. Sans magasin physique, nous n’aurions plus pu vendre leurs produits sur internet », confie Éric Lathière Lavergne. Le comble, c’est que la marque de jouet allemande a depuis revu sa position et abandonné sa stratégie de distribution sélective…
Une croissance forte mais en-deçà des prévisions
Le souci d’Avenue des Jeux, c’est que cette phase d’investissements s’accompagne d’une période de croissance inférieure aux prévisions de l’entrepreneur. Le chiffre d’affaires est pourtant passé de 11,5 à 15 millions d’euros entre 2010 et 2011. Cette année,
« de janvier à octobre, nous sommes sur un rythme de croissance de 32 %. Mais, nous ne faisons que 15 % sur la première partie du mois de novembre. On voit que l’économie souffre et cela nous fragilise surtout que la moitié du chiffre d’affaires annuel est réalisé sur les deux derniers mois de l’année », indique Éric Lathière Lavergne.
Le dirigeant table sur un chiffre d’affaires 2012 compris entre 18 et 20 millions d’euros. Il en espérait à l’origine 25 millions. « Nous pourrions continuer seuls, mais nous préférons, pour assurer la pérennité de l’entreprise, nous adosser à un plus gros acteur que nous », conclut Éric Lathière Lavergne.
Confronté à une crise de croissance, le distributeur de jouets Avenue des Jeux (70 salariés, 15 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2011), basé à Vieillevigne, en Loire-Atlantique, devrait changer de mains en décembre.