L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) révise à la baisse la croissance française pour 2025. Dans ses perspectives économiques publiées ce mercredi 4 décembre, cette organisation internationale d’études économiques estime que la croissance française sera de 0,9 % l’an prochain. C’est bien moins que les prévisions établies en septembre dernier qui tablaient sur 1,2 % de croissance en 2025.
La croissance mondiale révisée à la hausse
Dans le même temps, l’OCDE révise à la hausse de 0,1 point ses projections de croissance mondiale (+ 3,3 % en 2025), tirée par la forme de l’Inde (+ 6,9 %), de l’Indonésie (+ 5,2 %) et de la Chine (+ 4,7 %). Pour la zone euro, les prévisions de croissance sont plus modestes (+ 1,3 %). L’Espagne (+ 2,3 %) et la Grèce (+ 2,2 %) sont dans une meilleure dynamique que l’Allemagne (+ 0,7 %) et l’Italie (+ 0,9 %).
La consommation des Français devrait repartir
En France, la croissance ralentira l’an prochain par rapport à 2024 (+ 1,1 %). Cette année, l’Hexagone a tiré profit de "l’effet stimulant des Jeux Olympiques" et de la demande extérieure, "principal moteur de la croissance" tricolore, indique les économistes de l’OCDE.
L’an prochain, l’institution table sur un redressement de la consommation des Français. Elle s’accélérera "à mesure que la désinflation stimulera le pouvoir d’achat" - l’OCDE compte sur une inflation de 1,6 % en 2025.
Le poids de la dette publique
Ce qui amène l’OCDE à dégrader ses projections de croissance pour la France ? Les efforts budgétaires. Ils sont pourtant "essentiels pour réduire la dette publique française" qui devrait atteindre 6,1 % du PIB cette année. Les 60 milliards d’euros d’économies recherchés par Michel Barnier représentent "une avancée positive", selon l’OCDE. Mais loin d’être suffisants. "Une adhésion continue à une stratégie budgétaire à moyen terme est impérative", assure l’institution, qui prévient : "Les risques vont dans le sens d’une dégradation par rapport aux projections".
"Si le budget n’était pas adopté, l’incertitude politique pénaliserait la reprise"
Principal risque : la crise politique. "Un accord sur le budget du gouvernement réduisant les incertitudes entourant l’action publique pourrait rapidement rassurer les marchés. Toutefois, si le budget n’était pas adopté, l’incertitude politique pénaliserait la reprise", estime l’OCDE. L’institution pointe notamment du doigt les risques liés à la hausse des coûts d’emprunt. Elle "accroît les coûts du service de la dette et risque d’évincer l’investissement privé".
Le ralentissement de la croissance va se traduire par une augmentation du taux de chômage. Pour l’OCDE, il devrait passer de 7,4 en 2024 à 7,7 % en 2025.