Le monde des affaires n’aime pas les incertitudes politiques. L’été agité, marqué par la dissolution de l’Assemblée nationale puis l’attente d’un Premier ministre et d’un gouvernement, n’ont pas aidé les entreprises.
Selon l’Insee, "les derniers indicateurs conjoncturels signalent un été morose, en particulier dans l’industrie où la production a fortement reculé en juillet". Des difficultés de demande sont notamment observées dans l’automobile alors, qu’à l’inverse, "les carnets de commandes, notamment étrangers, sont jugés très garnis dans l’aéronautique".
Services en berne
Autre tendance guère enthousiasmante, l’investissement des entreprises est en repli pour le troisième trimestre consécutif, pénalisé par "les conditions de financement, le redémarrage entravé de la demande dans la zone euro et l’incertitude politique", détaille l’Institut national de la statistique et des études économiques.
Le climat des affaires dans l’industrie des biens d’équipements a par exemple enregistré, en août, son plus bas niveau (94) depuis la pandémie. Les investissements reculent dans les services, en particulier le secteur de l’information communication. "Alors qu’ils constituaient un soutien constant de la croissance française depuis la crise sanitaire, les investissements des entreprises françaises en logiciels semblent se gripper", relève l’Insee.
Un peu de pouvoir d’achat
Il y a cependant de bonnes nouvelles. Dopée par les JO cet été, la consommation des ménages va s’élever "un peu" en cette fin d’année grâce à des gains de pouvoir d’achat engrangés fin 2023 et début 2024 comme la "revalorisation des prestations sociales sur l’inflation passée". Ces mêmes ménages vont même peut-être de nouveau songer à acheter des logements neufs. "Dans ce secteur, la baisse des taux d’intérêt se diffuserait rapidement et favoriserait une timide reprise du marché immobilier", résume l’Insee.
L’inflation va poursuivre sa décrue
Tout dépendra aussi de l’inflation qui, justement, va poursuivre sa décrue. Elle est passée pour la première fois sous le seuil des 2 % en août (+ 1,9 % estimation provisoire) grâce notamment à une bonne tenue des prix de l’énergie. L’inflation alimentaire mesurée à + 0,5 % le mois dernier "va garder un rythme comparable d’ici la fin de décembre 2024". Au total, l’inflation devrait être de 1,6 % sur un an ce qui rend "très incertaine" une revalorisation automatique du Smic.
La croissance, quant à elle, atteindra théoriquement + 1,1 % en 2024. Le même score que l’an dernier mais "plusieurs aléas sont susceptibles d’affecter ce scénario à la hausse comme à la baisse", prévient l’Insee.