« Pour que la LGV marche, il faudra mettre une navette entre Paris et Bordeaux, et pas moins de TGV qu'avant ». Alain Juppé s'inquiète du nombre de trains directs qui relieront les gares Montparnasse et Saint-Jean en 2h05 à partir de l'été 2017. Car, aussi surprenant que cela puisse paraître, ce nombre n'est toujours pas connu. Et si c'est un sujet important pour les élus, et les habitants qu'ils représentent, il l'est encore plus pour Lisea, le concessionnaire de la ligne pour une durée de 50 ans. Car pour chaque train qui passera sur le nouveau tracé, la SNCF s'acquittera d'un péage. Péage dont le montant est en cours de discussion, et qui est à l'origine d'un bras-de-fer entre Lisea et SNCF. Seule une fourchette a été établie, mais pas le prix définitif.
Dialogue de sourds
La compagnie ferroviaire annonce qu'elle perdra entre 100 et 200 millions d'euros sur la liaison Paris-Bordeaux, et demande à Lisea d'être moins gourmand. Avec un argument de poids : il sera toujours possible de passer sur le tracé actuel. Mais pour Lisea, qui a mobilisé 3,8 milliards d'euros (sur 7,8 Md€), pas question de brader les montants des péages. On comprend mieux dès lors l'intérêt pour Lisea de se payer un énorme plan de communication pour faire la promotion du TGV Paris-Bordeaux en 2017. Au premier abord, il peut sembler étonnant de communiquer auprès du grand public, alors que, au moins jusqu'en 2019, et l'ouverture à la concurrence, SNCF sera l'unique client. Sans compter que faire la publicité sur le lancement d'un service qui sera inauguré dans plus de 2 ans paraît prématuré. Il s'agit en fait d'une action de lobbying, pour sensibiliser l'opinion, et au-delà les élus, afin qu'ils appellent de leurs voeux un maximum de TGV directs. Et le calendrier n'a rien de prématuré quand on sait que SNCF et Lisea finaliseront leurs négociations avant l'été. Actuellement, 23 TGV font l'aller-retour quotidiennement entre Paris et Bordeaux.
SNCF et Lisea se livrent à un bras-de-fer sur le montant du péage et le nombre de TGV qui circuleront sur la LGV à partir de l'été 2017.