Le Bassin Minier recèle-t-il, comme le sous-sol lorrain, un trésor ? C’est l’hypothèse que formule en tout cas la Française de l’Énergie (90 salariés, 30 M€ de CA), PME basée à Pontpierre, en Lorraine. Déjà implantée dans le bassin minier au travers de sa filiale Gazonor, qui extrait et exploite le gaz de mine, elle a obtenu mi-mars l’autorisation du Conseil Régional pour mener une mission d’études visant à estimer le potentiel gisement d’hydrogène naturel, dit "natif" ou "blanc", dans les Hauts-de-France.
Un hydrogène peu coûteux à exploiter
Cet hydrogène se trouve naturellement dans les sols réunissant certaines conditions, notamment, une température élevée, la présence d’eau ainsi que de métaux ferreux. Un lien avec les gisements de charbon est également établi. Selon les scientifiques nancéiens qui ont découvert le gisement lorrain, ce dernier recèlerait a minima 34 millions de tonnes d’hydrogène. Soit le tiers de la production mondiale, toutes méthodes confondues. Peu coûteux à extraire, l’hydrogène naturel revient moins cher en ressources et en énergie que l’hydrogène "vert", obtenu par électrolyse.
Les acteurs du secteur estiment pouvoir le proposer, à terme, à moins de 1 euro le kilo aux consommateurs finaux, contre 7 à 8 euros pour l’hydrogène vert. Cela le rendrait également, plus abordable que le gaz ou le pétrole. Une perspective qui évidemment, aiguise beaucoup d’appétits.
Un potentiel atout pour la souveraineté énergétique de la France
"En tant que source d’énergie prometteuse et souveraine, l’hydrogène natif présent dans le sous-sol de notre territoire pourrait devenir un atout majeur pour la souveraineté énergétique française", écrivait ainsi, dans un communiqué, le ministère de l’Économie, en juin 2025. Lequel rappelait, que la France a été l’un des premiers pays à reconnaître l’hydrogène natif comme substance minière, via la révision du code minier, en 2022. Ce qui autorise sa recherche et son exploitation.
Une aubaine dont la Région entend bien se saisir
"Notre sous-sol charbonnier présente des caractéristiques géologiques propices à la formation d’hydrogène blanc. Le CNRS l’associe directement au gisement charbonnier et les chercheurs implantés dans nos territoires sont mobilisés. Ce potentiel, s’il se confirme, serait stratégique pour notre souveraineté énergétique, pour la décarbonation de nos industries et pour des emplois non délocalisables dans les territoires miniers," écrivent ainsi Xavier Bertrand et Frédéric Motte, président et conseiller régional délégué à la transformation économique, en réponse à la Française de l’Énergie. Une demande de financements européens est en cours… Le Bassin Minier n’a peut-être pas dit son dernier mot.