Lucas Goumarre reste fidèle à Perpignan et aux Pyrénées-Orientales. Le start-uppeur catalan y avait lancé, en 2019, sa première affaire : Tessan, fabricant de cabines de télémédecine connectées, qu’il revend en 2024 alors que l’entreprise frôle les 300 salariés. Désireux d’un nouveau défi, il se tourne vers la robotique avec sa nouvelle start-up, Korben (ex-Service Botics, 26 salariés), qui ambitionne de développer un "Apple Store des robots". Fondée fin 2024, la pépite est basée à Paris, mais l’entrepreneur implante son unité de R & D à Perpignan.
Un vivier de codeurs perpignanais
Korben a signé un partenariat avec l’entité perpignanaise de l’école 42, le réseau d’écoles du numérique (52 campus) créé en 2013 par Xavier Niel, le patron de Free. Opérationnelle depuis fin 2022, 42 Perpignan forme environ 150 étudiants par promotion. Un vivier où Korben a puisé pour recruter son équipe de R & D : formée de 5 codeurs, elle devrait passer à 10 personnes d’ici la fin d’année. Elle vient de finaliser une première version fonctionnelle de la plateforme, qui entre en phase de tests avant un lancement officiel en septembre. "Korben propose une solution robotique complète, reposant sur la vente de robots mais aussi des applications qu’on implémente sur ces machines", décrit Lucas Goumarre.
Une solution robotique intégrée
La start-up ne fabrique pas de robots. Elle se fournit auprès de deux fabricants asiatiques et, sur cette base, a constitué un catalogue de 14 robots répartis en plusieurs familles : ménage, accueil et livraison. À compter de la rentrée, Korben proposera aussi des robots humanoïdes. En revanche, l’entreprise a réalisé un gros développement logiciel, sur deux volets. D’une part, la plateforme Korben : une surcouche logicielle qu’elle rajoute au firmware (logiciel d’origine) chinois, permettant au client de mieux piloter ses robots. "Cette approche simplifie la vie de l’utilisateur pour piloter une flotte de robots. Sans cela, il pourrait avoir autant d’interfaces différentes à gérer qu’il a de fournisseurs de machines. De plus, la plateforme Korben délivre des indicateurs stratégiques, comme le nombre de personnes servies dans un restaurant par exemple", précise le start-uppeur.
Une valeur ajoutée logicielle
D’autre part, Korben a conçu un "Korben Store" directement accessible depuis sa plateforme. Cet outil, sur le modèle de l’Apple Store, permet à l’utilisateur d’ajouter au robot les fonctionnalités de son choix. "C’est aussi une boutique Open Source, ouverte aux codeurs extérieurs qui penseront à un nouvel usage, coderont l’outil et pourront le vendre directement dans le Korben Store", annonce Lucas Goumarre. Lequel insiste sur la valeur ajoutée produite par son équipe basée à Perpignan : "Un tiers de nos effectifs sera dédié à ces développements logiciels. Nous intégrons des codeurs en cours ou en fin de cursus, en stage ou en alternance. Puis nous les faisons évoluer en fonction du développement de la plateforme".
Fortes perspectives de croissance
En quelques mois seulement après sa création, Korben opère un départ canon. Elle a déjà bouclé un million d’euros de ventes depuis le mois de janvier, et table sur le double d’ici la fin d’année. Mieux, la start-up affiche un chiffre d’affaires prévisionnel de 8 millions en 2026, et de 16 millions d’euros en 2027. Ses premiers clients sont le groupe de casinos Partouche, le réseau de salles de loisirs Royal Kids ou encore le poids lourd du nettoyage urbain Nicollin. Pour soutenir cette croissance, les effectifs positionnés à Perpignan devraient passer à 25 salariés d’ici la fin 2027. Le montant total de l’investissement local se chiffrera alors à 800 000 euros. Pour l’heure, Korben a logé son équipe dans les locaux de 42 Perpignan (qui dispose d’un campus de 1 000 m2), mais devrait les transférer dans des locaux dédiés à l’automne prochain.