Entrée dans le giron de Chauvin Arnoux en 2017, la société héraultaise Indatech (15 salariés, CA 2025 : 1,9 M€), spécialiste du contrôle des procédés industriels par mesure optique, profite à plein de ce partenariat : grâce à un investissement de 1,5 million d’euros porté par le groupe francilien, elle a pu déménager en fin d’année 2025, passant de Clapiers à Montferrier-le-lez près de Montpellier. Elle double sa superficie en s’installant sur un plateau de 400 m2, et acquiert ainsi les moyens opérationnels pour étendre sa gamme de services.
Spécialiser la recherche et la production
Les nouveaux locaux d’Indatech disposent d’améliorations techniques lui permettant d’utiliser des produits sous hotte aspirante, de dédier des espaces à certaines technologies (proche infrarouge, ultraviolets visibles, imagerie hyperspectrale…), ou encore de lancer des projets innovants grâce à une zone conçue pour l’intégration complexe de machines ou procédés.
"Au stade du laboratoire, la présence de zones dédiées nous permet d’avoir plus de produits disponibles. C’est stratégique pour l’entreprise, car notre capacité à délivrer des POC (preuves de concept) est une vraie vitrine. Même raisonnement pour la production : ces zones dédiées nous permettent de mieux la structurer et de l’augmenter", commente Fabien Chauchard, directeur général d’Indatech.
Une nouvelle prestation en formation
De même, le site est équipé d’une salle de formation, où la société peut présenter un équipement et ses fonctionnalités à un client, afin de dépasser le stade de simple fournisseur de capteurs et de sondes. "Cette nouvelle prestation complète nos pôles métier, qui sont par ailleurs mieux connectés. Entre le laboratoire, le service commercial, la formation et le SAV, le client apprécie d’avoir le même interlocuteur sur tout le cycle de vie d’un produit", pointe le dirigeant, en rappelant que l’activité se répartit désormais entre la pharmacie (60 %), les biotechnologies (20 %) et la chimie (20 %).
De nouveaux débouchés technologiques
Cette approche permet à Indatech, connue pour ses capteurs par spectroscopie dédiés à la bioproduction (fabrication de médicaments issus des biotechnologies), d’investir de nouveaux marchés. "Le site nous a permis d’obtenir la certification ATEX (obligatoire pour travailler dans les atmosphères potentiellement explosives, NDLR), ce qui nous ouvre de nouvelles portes, par exemple dans l’industrie chimique américaine", cite Fabien Chauchard.
Le nouveau site renforce aussi la labellisation CIR (crédit d’impôt recherche) d’Indatech : elle peut convaincre un industriel de lui confier un projet de R&D très en amont pour qu’il bénéficie de la réduction d’impôt. "De 80 à 90 % des nouveaux produits développés actuellement en biotechnologies sont jetables, afin d’éviter les contaminations. Nous avons désormais les capacités de travailler sur ce type de solutions", illustre le dirigeant.
L’international se développe
L’an passé, Indatech a bouclé son meilleur exercice depuis sa création en 2009, en réalisant 1,9 million d’euros. Forte de sa nouvelle stratégie, elle se projette à 2,1 millions d’euros en 2026, et à 5 millions d’euros dans les cinq à dix ans. L’entreprise est présente dans une dizaine de pays. Alors que l’instauration de nouvelles taxes par Donald Trump pourrait rendre l’accès au marché américain plus difficile, elle signe de nouveaux partenariats avec des distributeurs pour attaquer d’autres zones géographiques, comme l’Allemagne et l’Australie en 2025, ou encore la Chine tout prochainement.