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L’expert en dissuasion Netforce sécurise un financement de 45 millions d’euros
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L’expert en dissuasion Netforce sécurise un financement de 45 millions d’euros

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Créatrice d’une arme non létale (un gant à impulsion électrique), Netforce obtient un engagement d’investissement auprès du fonds Gem Capital. La start-up héraultaise lance ainsi sa structuration industrielle, avec la construction d’une usine et l’embauche d’au moins 50 personnes.

Le gant à impulsion électrique conçu par Netforce a nécessité 4 ans de R & D — Photo : Netforce

Fondée en 2021 à Mauguio (Hérault) près de Montpellier, Netforce (5 salariés) achève un cycle de R & D long de 4 ans autour de l’E-StunGlove, le premier gant à impulsion électrique : cette arme non létale permet de dissuader ou repousser une ou plusieurs personnes en délivrant un choc électrique de basse tension (27 milliampères). Afin d’enclencher son développement industriel, la start-up vient d’obtenir un engagement d’investissement d’un montant maximal de 45 millions d’euros auprès du fonds chypriote Gem Capital, présent à Paris et New York, par le biais d’une facilité de souscription d’actions. La période de validité de cet accord est de 36 mois suivant l’introduction en Bourse à venir de Netforce, qui interviendra d’ici 6 à 18 mois selon le fondateur Laurent Mollinari. "L’autre hypothèse ouvrant la souscription serait le rachat d’une ou plusieurs sociétés déjà cotées. Nous étudions la question avec des cabinets spécialisés", précise-t-il.

La structuration d’une future scale-up

Ces fonds vont permettre à Netforce d’industrialiser sa production. Moyennant un investissement d’environ 8 millions d’euros, la start-up prévoit de lancer le chantier, d’ici 2026, d’une usine de 3 000 m2, possiblement autour de l’Aéroport Montpellier Méditerranée, "ou en Occitanie". Le site sera équipé de plusieurs lignes de production dédiées au montage de l’électronique, à l’intégration textile, et aux tests finaux pour vérifier l’intensité électrique délivrée par les gants. En vitesse de croisière, l’usine sera en capacité de produire entre 200 000 et 300 000 paires de gants par an. "Ce projet industriel va nous permettre de faire un scale-up (croissance annuelle de 20 % par an sur 3 exercices, NDLR)", prévoit Laurent Mollinari, annonçant par ailleurs de 50 à 60 embauches dès la mise en service du site.

Une montée en charge graduée

Mais pour actionner sa croissance commerciale sans attendre, Netforce va d’abord recourir à la sous-traitance. Dans un premier temps, la start-up a noué un partenariat avec 2 industriels spécialisés en sécurité et Défense pour assurer la fabrication d’une présérie de 1 000 paires de gants d’ici la fin 2025. Dans un second temps, les fonds obtenus auprès de Gem Capital lui permettront d’acheter ses propres machines de production, qu’elle placera chez ces partenaires industriels afin de monter le rythme de fabrication à 100 000 paires par an.

Laurent Mollinari, fondateur de Netforce — Photo : DR

Une exclusivité de portée mondiale

La phase de R & D a permis d’intégrer une quinzaine d’innovations dans l’E-StunGlove, protégé par des brevets valides dans une centaine de pays. "Nous sommes la seule entreprise autorisée à utiliser de l’électricité dans des gants de ce type", traduit Laurent Mollinari. Par ailleurs, Netforce a lancé des démarches auprès du SBDU (service des biens à double usage), un service de l’État qui délivre des licences d’exportation aux biens sensibles : s’appuyant sur une trentaine de distributeurs, Netforce prévoit en effet de réaliser 80 % de son activité à l’international.

Un vecteur de dissuasion

L’entreprise indique qu’elle a déjà signé des marchés auprès de prisons et d’établissements intéressés par son produit, assimilé à un équipement de force intermédiaire. Elle cible globalement les forces spécialisées dans le contrôle des foules (police, gendarmerie, sécurité privée), les services pénitentiaires, les entreprises de transport sécurisé, les patrouilles aux frontières, mais aussi les organisateurs d’événementiels. Le gant a été notamment conçu pour intervenir dans des lieux exigus ou qui ne permettent pas de tirer, comme des trains ou des avions. "Il permet aussi de rééquilibrer le rapport de force physique entre les hommes et les femmes : il aide les femmes à avoir plus confiance en elles, à gagner du temps avant d’avoir des renforts, etc. Avant toute chose, notre gant est une arme de dissuasion. Il a été pensé pour provoquer la désescalade dans les situations à risque. Or 80 % de ces situations se règlent par la dissuasion", conclut le dirigeant.

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