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Les vertus de l’exigence
Avis d'expert Bretagne # Ressources humaines

Les vertus de l’exigence

Être exigeant au travail, c’est d’abord l’être avec soi et dans ses rapports aux autres. Pour chercher à bien faire son travail et faire du bon travail.

Lionel Honoré, créateur et directeur de l’Observatoire du Fait Religieux en Entreprise — Photo : Caroline Scribe

L’exigence est-elle une valeur intrinsèquement masculine ? Cette question s’adresse sans nul doute à Mark Zuckerberg, l’inventeur de Facebook, qui dit vouloir réintroduire plus de masculinité dans ses entreprises ! Le patron de Méta associe cette notion à l’audace, l’agressivité, la compétition. Dans le même temps, il annonce augmenter, de fait, son niveau d’exigence vis-à-vis de ses employés en leur demandant d’être davantage performants et en annonçant le futur licenciement des 5 % qui le seront le moins.

Exigence bien ordonnée commence par soi-même

Reste à savoir si augmenter son niveau d’exigence peut se résumer à demander plus aux autres, à les confronter à des attentes plus hautes qui nécessitent plus d’efforts et de performance ? Mais l’exigence bien ordonnée ne devrait-elle pas d’abord, un peu comme la charité, commencer par soi-même ? Ne faut-il pas, avant tout, être exigeant avec soi-même, à commencer par soi-même au travail. Il s’agit simplement ici d’être professionnel, de faire preuve de cette valeur, un peu ancienne, certes, mais toujours si importante, qu’est la conscience professionnelle. Bref, chercher à bien faire son travail et à faire du bon travail. Il est évident que cela suppose d’avoir des conditions de travail et donc des moyens, une organisation, un management, qui le permettent. Mais avant tout, il s’agit d’être à la hauteur de son rôle professionnel.

Être à la hauteur

L’exigence avec soi-même implique également sa relation avec les autres. Il s’agit ici de s’obliger à considérer l’autre (qu’il soit équipier, collègue, manager, client, prestataire, etc.) en tenant compte de ses besoins, ses préoccupations, ses contraintes et ses intérêts dans le cadre du travail. Il s’agit d’offrir à l’autre, dans cette interaction professionnelle, le meilleur comportement possible au travail.

Ainsi l’exigence au travail vis-à-vis de soi contraint d’être à la hauteur de son travail et de ceux avec lesquels il est effectué. Cela n’a rien de simple et, encore une fois, cela suppose que la situation de travail et les relations interpersonnelles le permettent.

Il faut faire le pari que l’exigence pour soi réveillera l’exigence que l’autre, en interaction avec nous au travail, aura pour lui-même et dont il fera preuve, à son tour, dans ses rapports avec nous. En somme, être exigeant, c’est avant tout respecter son travail, les autres et soi-même en tant que professionnel.

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