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Les start-up reprennent des couleurs en Europe
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Les start-up reprennent des couleurs en Europe

Atomico publie la dixième édition de son état des lieux annuel de la tech en Europe. L’occasion de faire une large rétrospective sur la croissance des start-up sur le continent depuis 2004, mais aussi depuis le début de l’année 2024, après deux années de ralentissement de l’activité.

L’Europe comptabilise plus de 35 000 startup dont 300 licornes en 2024. En image, la Station F à Paris — Photo : Jerome Galland

Plus expérimentées, mieux dotées et accompagnées, c’est le bilan que dresse le rapport Atomico sur les start-up en Europe en 2024, en comparaison avec la décennie 2004-2014. La part des fondateurs qui ont 5 ans ou plus d’expérience dans le secteur de la tech a doublé en 10 ans, et l’Europe a investi dix fois plus depuis 2015, avec un total de 426 milliards de dollars. Elle compte aujourd’hui plus de 35 000 start-up, dont 300 licornes. La France, le Royaume-Uni, l’Allemagne et la Suède, sont leaders.

Les start-up européennes recrutent à nouveau, mais lèvent moins de fonds

La tech représente 3,5 millions d’emplois en Europe. Un chiffre qui connaît une croissance annuelle de 24 %, et devrait égaler la main-d’œuvre des États-Unis dans cinq ans, selon le rapport. Les offres d’emploi dans les start-up ont également augmenté de 25 % au cours du premier semestre de 2024, par rapport au 2e semestre de 2023, et après deux années de baisse consécutive. Une hausse qu’on observe en particulier chez les start-up en phase de lancement, et dans le domaine des services.

Mais 60 % des fondateurs de start-up considèrent qu’il est plus dur de lever des fonds en 2024, qu’il y a un an. Un taux en forte baisse par rapport à 2023 et 2022, où ils étaient 80 % à le penser. Les investissements continuent cependant de baisser depuis 2022. Ils atteignent 45 milliards de dollars en 2024, légèrement moins qu’en 2023.

L’Europe à la pointe sur l’IA et les RSE pour concurrencer les États-uniens

La guerre des talents continue de faire rage entre les États-Unis et l’Europe, qui attire de plus en plus de jeunes talents américains, mais un peu moins de niveau intermédiaire depuis deux ans. Une perte de talents qu’Atomico explique par la vague de licenciements dans la tech en 2022 ou par des politiques de "retour au travail" de certaines structures.

Par rapport aux Etats-Unis, l’Europe se démarque sur la RSE. Une start-up sur cinq en Europe est dans ce secteur, soit deux fois plus qu’outre-atlantique. La France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, se démarquent sur la scène mondiale de l’intelligence artificielle, avec l’émergence de leaders comme Mistral, Hugging Face, Synthesia, Kyutai, ou Stability AI. Les trois pays font partie du top 6 mondial des pays les plus influents sur l’intelligence artificielle, malgré un écart de financement considérable les États-Unis et la Chine.

Le sous-financement des start-up en Europe, défi à résoudre

Un écart de financement qu’Atomico identifie comme le problème majeur à résoudre pour l’Europe afin de donner ses pleines capacités de développement à la tech. "Les start-up sont confrontées à des obstacles à l’expansion au-delà des premières étapes, en raison de la complexité de la réglementation, de la pénurie de talents et du déficit de financement de la croissance", note le rapport. Atomico pointe comme solution, d’attirer davantage d’investissements de la part des caisses de retraite et des grands assureurs, pour pérenniser le développement des jeunes entreprises.

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