Fabricants de produits destinés à l'hygiène des milieux professionnels (hôpitaux et cliniques, professionnels de santé et industries), les laboratoires Anios annoncent 20 millions d'euros d'investissements pour transférer les 12 lignes de production de leur usine d'Hellemmes vers leur site de production de Sainghin-en-Mélantois.
Le siège à Hellemmes, la production à Sainghin-en-Mélantois
"L'usine d'Hellemmes est enclavée dans la ville et avec les contraintes Seveso imposées par la DREAL, c'est compliqué", explique Bertrand Letartre, P-dg des laboratoires Anios. La direction a donc fait le choix de transférer la production d'Hellemmes vers son site de Sainghin-en-Mélantois. Les travaux, qui débuteront courant 2016, feront passer l'usine de Sainghin de 1 à 3 hectares. Le nouveau site de production devrait être achevé fin 2017 et comptera quelque 600 salariés. Côté recrutements, les laboratoires sont sur un rythme de 40 à 45 personnes par an.
Les laboratoires Anios ont encore de quoi pousser les murs à l'avenir, puisqu'ils sont présents à Sainghin-en-Mélantois sur un site de 10 hectares, avec une réserve foncière de 5 hectares. Leur siège sera quant à lui maintenu à Hellemmes, dans un nouveau bâtiment de 3.000 m², qui verra le jour en 2018 après un investissement de 6 M€. "Il comprendra une centaine de personnes. Certains postes comme la DRH ou la direction des achats seront transférés à Sainghin", indique Thierry Letartre, Dg des laboratoires Anios.
Vers 50 % du chiffres d'affaire à l'international
En 2014, les laboratoires Anios ont réalisé un chiffre d'affaires de 206 millions d'euros, avec près de 800 salariés (dont 750 en France). 30 % de ce chiffre a été réalisé à l'international : un pourcentage qui passera à 37 dès 2015. Les deux dirigeants visent ensuite le cap des 50 % d'ici à 2020. "La croissance organique en France est quand même limitée", explique Bertrand Letartre. C'est donc essentiellement l'international et la croissance externe qui continueront de porter la croissance d'Anios, qui vise 215 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2015.
De futures opérations de croissance externe
En 2014, les laboratoires Anios ont réalisé une croissance de 6 %, alors que de précédentes années affichaient 10 %. "L'international, ça n'est pas très facile. Nous avons perdu des marchés en Russie à cause de la dévaluation du rouble ou encore au Moyen-Orient : la baisse du pétrole fait que nous avons perdu la moitié du chiffre d'affaires réalisé en Arabie Saoudite", souligne Bertrand Letartre. Le groupe réfléchit donc à une stratégie comprenant des moyens de production en local : "Il y a beaucoup de protectionnisme et notre idée est de trouver des partenaires sur place. Nous allons de plus en plus agir de cette façon. Cela pourrait concerner prochainement l'Iran et la Russie". Une manière de faire que le groupe a déjà expérimentée, par exemple au Brésil, en réalisant l'acquisition en juillet 2015 de la société Endoclear, spécialisée dans la conception, le développement et la production d'endoscopes. Et Bertrand Letartre de renchérir : "En Argentine, nous sommes n°1 du marché, même s'il est fermé, car nous produisons sur place".