Entre janvier et mars 2025, les investissements directs étrangers (IDE) américains en Europe ont diminué selon les chiffres du "Transatlantic Expansion Barometer" mené par la chambre de commerce américano-européenne (EACC), le cabinet d’audit RSM et l’entreprise de conseil OCO Global. Une tendance qui s’ancre dans un changement profond des relations transatlantiques depuis trois ans.
Les firmes américaines préfèrent investir aux USA plutôt qu’en Europe
Les entreprises américaines ont déclaré 240 projets d’investissements en Europe au premier trimestre 2025, soit 7 % de moins qu’à la même période l’an passé. Comme l’an passé, les entreprises étasuniennes se placent en retrait du marché européen, du fait de l’incertitude politique et réglementaire du continent.
L’Inflation Reduction Act (IRA), mis en place par Biden en 2022 a également incité nettement les investisseurs américains à se concentrer sur le marché domestique, au détriment de l’Europe.
Les investisseurs européens plus prudents depuis le début de l’année
Dans l’autre sens, les IDE européens aux États-Unis sont également en baisse de 15 % au premier trimestre 2025, par rapport à l’an passé. La baisse survient néanmoins après une hausse considérable de 20 % des investissements européens aux États-Unis entre 2022 et 2024, portés par l’IRA.
Les investisseurs européens se montrent plus prudents cette année, du fait de l’instabilité géopolitique et réglementaire depuis le retour à la Maison Blanche de Donald Trump. Plus inédit, certaines firmes européennes interrogées par les auteurs de l’étude se questionnent sur la stabilité de l’économie américaine sur le moyen terme, et de plus en plus décident de reporter ou de suspendre leurs investissements.
La France, 2e pays européen à investir aux États-Unis
Avec 70 projets en 2024, la France est le 2e pays européen qui investit le plus dans l’industrie manufacturière (pharmacie, équipements électroniques, automobile…) aux États-Unis, derrière l’Allemagne. En termes d’investissement dans la R & D, la France est cependant loin derrière le Royaume-Uni et l’Allemagne, avec seulement 19 projets, contre 51 et 37 pour les deux premiers.
L’Europe souffre d’un déficit de compétitivité vis-à-vis des États-Unis
Les investissements américains ont diminué de 25 % en France en 2024, mais leur part dans les IDE en France est néanmoins restée stable à 19 %. La baisse est liée à "l’incertitude politique" et "la pression fiscale qui sape la confiance des multinationales", juge le baromètre.
À l’échelle européenne, le continent subit un déficit de compétitivité, qui s’explique par plusieurs facteurs : la hausse des coûts de l’énergie, la complexification du cadre réglementaire et un "écart technologique croissant", malgré la disponibilité d’une main-d’œuvre très qualifiée, ajoute l’étude.