En Sarthe, les industriels (hors agroalimentaire) envisagent un millier de recrutements au second semestre 2024. C’est deux fois moins qu’en 2023.
Ces chiffres proviennent de l’enquête réalisée du 15 septembre au 15 octobre 2024 par l’Observatoire régional des compétences industrielles (Orci) en Pays de la Loire. Cet observatoire est porté par plusieurs organisations professionnelles (UIMM Pays de la Loire, Polyvia, Mode Grand Ouest, France Chimie Atlantique et Unicem), en partenariat avec la Région et les services de l’État.
Attentisme lié aux élections
Qu’est ce qui explique cette baisse des intentions d’embauche ? D’une part, la prudence des industriels. La crise politique estivale et les débats actuels autour de la loi de finances créent de l’incertitude. "Les entreprises n’ont pas forcément moins de besoins, mais sont plus attentistes. Il y a une incertitude des employeurs avant de connaître la politique et les dispositifs qui seront mis en place par le nouveau gouvernement", explique François-Xavier Marchais, président de l’UIMM Sarthe.
Des industries en difficultés
D’autre part, certains secteurs industriels sont moins porteurs que par le passé. "Nous voyons les difficultés dans le secteur automobile, le machinisme agricole connaît également des difficultés mais nous savons que cela va repartir. Il y a aussi des secteurs où cela va très bien, les entreprises qui travaillent pour l’aéronautique notamment", poursuit François-Xavier Marchais.
C’est le cas d’Eaton-Souriau, dont François-Xavier Marchais est le directeur des opérations et dont la moitié de l’activité est dédiée à l’aéronautique. Le groupe (qui emploie 900 salariés en Sarthe) recrute ainsi sur ses sites de Champagné et de La Ferté-Bernard. Il participera pour cela à la Semaine de l’industrie qui a lieu du 8 au 24 novembre 2024.
L’industrie continue de créer des emplois
Si l’industrie sarthoise recrute moins qu’en 2023 ou qu’en 2022, pas de catastrophisme à l’UIMM. Loin de là. "L’industrie continue de créer de l’emploi", assure François-Xavier Marchais. Et des emplois durables : "Sept offres sur dix sont des CDI. Soit une hausse de 17 % par rapport à notre étude réalisée en 2023", indique Damien Lemancq, responsable de l’Orci.
36 % des industriels sarthois ont des projets de recrutement
Cette année, 36 % des établissements sarthois affichent des projets de recrutement. C’est certes 16 % de moins qu’il y a un an.
Plus de 40 % des industriels du nord et du sud du département ont des projets de recrutement. Ce chiffre tombe à 28 % dans l’agglomération mancelle.
"Ces intentions d’embauche concernent principalement les grands groupes, c’est-à-dire des employeurs qui rencontrent moins de difficultés à attirer des candidats que les entreprises plus petites", indique Damien Lemancq. Les trois quarts de ces projets se situent dans la métallurgie, et les deux tiers des profils recherchés sont des opérateurs.