Le projet de reconversion du site de l'ancien Haras National de Strasbourg se finalise. Les premiers clients ont déjà pu découvrir la brasserie lancée par le chef triplement étoilé Marc Haeberlin (L'Auberge de l'Ill, à Illhaeusern). L'hôtel 4*, développé par Jean-Pascal Scharf (hôtels Régent Petite France et Contades et La Cour du Corbeau, à Strasbourg) a lui aussi ouvert ses portes. En cours de finalisation, le biocluster dédié à l'innovation médico-chirurgicale accueillera, lui, ses premières start-ups à partir de décembre.
Un écrin pour les chirurgiens
L'Institut de recherche contre les cancers de l'appareil digestif (Ircad) est à l'inititative de la création de ces trois entités sur ce site d'exception construit au milieu du XVIIIe siècle. L'investissement s'élève à 25 M€ financé par l'Ircad et ses deux partenaires, Jean-Pascal Scharf et Marc Haeberlin. La création du biocluster représente un coût de 4M€ dont la moitié est financé grâce aux subventions versées par le Feder et les collectivités locales. L'Ircad, première école de chirurgie mondiale, forme chaque année près de 4.000 praticiens. Des élèves - et leurs formateurs - qu'il doit héberger et nourrir. « Outre la fierté pour une structure à but non lucrative telle que la nôtre de participer à la valorisation du patrimoine local, cet investissement a aussi une logique économique, souligne le professeur Marescaux, président fondateur de l'institut. Il est moins coûteux de disposer de nos propres infrastructures de restauration et d'hébergement, qui sont bien évidemment aussi ouvertes au grand public », D'autant que le nombre de chirurgiens accueillis va encore croître dans les années à venir. Déjà présent à Taïwan et au Brésil, l'Ircad va encore développer son offre au niveau mondial. « Au moins 1.200 chirurgiens supplémentaires viendront se former ici dès 2014-2015 », estime le professeur. Les Haras, situé à proximité immédiate de l'Ircad, leur offre « un cadre prestigieux qui rejaillira sur l'attractivité touristique mais aussi économique régionale ».
Silicon valley du médical
Le biocluster doit, lui, contribuer à réduire un fossé inacceptable pour le professeur Marescaux. La France est reconnue mondialement pour sa recherche et ses innovations chirurgicales et médicales. Mais le transfert technologique ne se fait pas: dans le top 50 des dispositifs médicaux commercialisés dans le monde on ne trouve aucun français... « Ce sera le rôle du biocluster, en complément de l'IHU, site soutenu par les investissements d'avenir dédié aux soins de santé, à la recherche et à la formation dans le domaine de la chirurgie hybride guidée par l'image », explique le professeur. Le biocluster servira d'incubateur (en partenariat avec Semia) pour 10 start-ups du domaine médical et chirurgical qui pourront maturer leur projet durant deux ans. « C'est un lieu magique pour les futures pépites françaises, souligne Loïc Doler, responsable R&D de l'Ircad qui rêve d'une "silicon valley" du médical alsacienne.
Les entreprises locales impliquées
Propriété de la Ville, les anciennes écuries royales de Louis XV ont abrité une académie bilingue d'équitation avant de se consacrer à la valorisation des étalons sous la houlette des Haras Nationaux, jusqu'en 2005. Quatre ans plus tard, Strasbourg confie la rénovation et l'exploitation du site à l'Ircad par un bail emphytéotique de 52 ans. L'esprit équestre reste ancré en filigrane, dans le choix des matériaux surtout. La Brasserie a gardé apparentes les poutres de l'imposante toiture, modernisant l'espace d'un escalier aérien en bois et d'une yourte en cuir offert par Les Tanneries Haas. D'autres entreprises alsaciennes ont contribué à la réhabilitation, dont L'Arche du Bois pour le mobilier de l'Hôtel et plusieurs entreprises du BTP régionales. L'Ircad travaille déjà a de nouvelles extensions. Il a signé un accord pour le rachat de la clinique des Diaconèse, adjacente aux Haras, qui permettra, à partir de 2017, d'accompagner le développement de l'institut.
Médical La réhabilitation des anciens Haras de Strasbourg touche à sa fin. Ce projet à 25 M€ porté par l'Ircad s'articule autour d'un biocluster, d'un hôtel 4* et d'une brasserie, lancée par le chef étoilé Marc Haeberlin. Un écrin qui pourrait contribuer à la création d'une "silicon valley" du médical alsacienne.