Les grands crus souffrent aussi
# Conjoncture

Les grands crus souffrent aussi

En 2009, la crise économique a touché de plein fouet la viticulture. Ses ventes ont fortement chuté ainsi que les prix, même les grands crus ont dû les revoir à la baisse. Très attentiste, le marché pourrait cependant reprendre dès 2010 le millésime 2009 s'annonçant de grande qualité.

«Les transactions entre la viticulture et le négoce sont en chute de 29% par rapport à 2008 toute appellation confondue, a indiqué en septembre Laurent Gapenne, le président de la Fédération des grands vins de Bordeaux à l'issue de l'assemblée générale. Il s'agit du 14e mois consécutif de baisse.»




Des grands crus à la baisse de 10 à 12%

En 2009, la viticulture a donc été victime d'un phénomène de déstockage massif du négoce qui n'a pas refait ses stocks entraînant des difficultés de trésorerie importantes pour certains viticulteurs. En terme de prix, la tendance est également à la baisse et personne n'a été épargné. Ainsi à l'issue de la campagne des primeurs en mai, les grands crus qui représentent seulement 4% des volumes (30M de cols) mais 20% de la valeur soit un chiffre d'affaires de 700M€, ont enregistré une diminution de 10% à 12% de leur prix de vente. «C'est une baisse significative, estime Allan Sichel, membre de la Fédération des négociants, mais cela ne met pas gravement en péril ce marché des grands crus qui est largement spéculatif. À long terme, la tendance est tout de même porteuse pour les grands crus. D'ailleurs depuis septembre, nous enregistrons une reprise de la commercialisation.Pendant près d'un an, cela a été le calme plat au niveau des distributeurs mais les consommateurs ont continué à acheter du vin donc il faut maintenant refaire le stock.» Une reprise qui pourrait être confortée par un millésime 2009 annoncé comme excellent et qui devrait faire repartir les prix à la hausse. «La probable grande qualité du 2009 va entraîner une augmentation de la demande sur les millésimes plus anciens» explique Sylvie Caze, présidente de l'Union des grands crus de Bordeaux. Mais une reprise sur le marché des grands crus ne signifie pas une reprise pour l'ensemble de la filière, moins spéculative, et donc moins sensible aux fluctuations de prix.

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