Le constat est sans appel. Comptant un peu plus de 45 000 emplois, le secteur numérique breton est pour l’essentiel concentré en Ille-et-Vilaine, où sont dénombrés près de 30 000 salariés. Loin derrière, après le Finistère (7 150 emplois) et les Côtes-d’Armor (4 560 emplois), le Morbihan atteint à peine 10 % des effectifs régionaux. L’évolution est cependant positive avec une croissance de 15 % entre 2016 et 2022, tandis que le nombre d’établissements a bondi de 31 % pour atteindre 454 structures sur la même période.
Deux centres névralgiques
Ce sont les premiers enseignements de l’étude dernièrement conduite par l’agence d’urbanisme, de développement économique et technopole de Lorient (Audelor). Un travail sollicité conjointement par les agglomérations de Lorient et de Vannes, qui à elles seules concentrent les deux tiers des entreprises morbihannaises du secteur numérique. La première abrite environ 130 structures, parmi lesquelles figurent de gros employeurs, tels que CGI France (280 emplois dans le Morbihan pour un groupe qui pèse 1,5 Md€ de CA et plus 10 000 salariés), Fives Syleps (250 emplois et 56 M€ de CA), Laudren électronique (150 emplois et 15 M€ de CA) ou encore Equasens (100 emplois pour le groupe lorrain qui pèse 219 M€ de CA et 1 300 collaborateurs). La seconde compte près de 170 structures, dont quelques joyaux comme Dimood (ex-Isatech, 330 emplois et 36 M€ de CA) ou MGDIS (200 emplois et 20 M€ de CA), mais surtout une majorité de PME et de start-up.
Complémentarité
"Il existe une vraie complémentarité entre ces deux pôles géographiques. L’objectif de notre étude consiste aussi à mieux envisager des passerelles et des axes de développement communs à cette filière", fait valoir Gilles Poupard, directeur d’Audelor. De fait, trois grandes spécialités se dégagent et assurent à elles seules plus de la moitié de l’activité numérique dans le Morbihan : le conseil, l’édition de logiciels et la programmation informatique. Une dizaine de champs d’applications ont par ailleurs été identifiés, parmi lesquels on trouve notamment l’informatique industrielle, l’intelligence embarquée, la cybersécurité, la data science, la santé, la formation…
"Les enjeux numériques sont au cœur du développement d’environ 30 % de nos entreprises bretonnes, parfois moins quand on touche aux secteurs agricoles ou maritimes. Quand on sait que cette proportion est multipliée par deux de l’autre côté de l’Atlantique, on voit que la transformation digitale de notre économie représente une vraie question de souveraineté", souligne Arnaud Rentenier, directeur de l’appui aux entreprises et à l’innovation chez Audélor.
1 200 étudiants chaque année
Outre la communauté French Tech Bretagne Sud qui fédère une soixantaine d’entreprises adhérentes, mais aussi certains rendez-vous annuels comme les salons Connect’In à Lorient et Instant Cyber à Vannes, la filière numérique du Morbihan mise plus que jamais sur l’enseignement supérieur, avec 1 200 étudiants formés chaque année. Pilier de cette stratégie, l’Université de Bretagne Sud (UBS) propose ainsi 38 parcours distincts, du simple diplôme Bac + 2 au titre d’ingénieur, soit un quart de son offre de formation, mais aussi des plateformes d’excellence comme la plateforme SCAP Industrie du futur à Lorient et le centre Cyber Security à Vannes.