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Les entrepreneurs seniors, un profil plus féminin et surtout plus confiant que les autres
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Les entrepreneurs seniors, un profil plus féminin et surtout plus confiant que les autres

Les entrepreneurs seniors, des entrepreneurs comme les autres ? Bpifrance a mené une étude auprès de chefs et cheffes d’entreprise de plus de 50 ans pour recueillir leurs perspectives. Une tranche d’âge qui voit davantage de femmes se lancer dans l’aventure entrepreneuriale, et qui se révèle avant tout comme un formidable atout.

Les femmes sont 22 % parmi les primo entrepreneurs après 50 ans interrogés par Bpifrance, contre 12 %, tout âge confondu — Photo : Jacob Lund

Quelles sont les caractéristiques des entrepreneurs seniors ? Rencontrent-ils des freins liés à l’âge, sont-ils davantage victimes de préjugés ? Bpifrance a enquêté sur le sujet, en interrogeant plus de 1 300 entrepreneurs à la tête d’une entreprise de plus d’une personne, dont près de 950 ont plus de 50 ans. Avec des profils différents, ils témoignent tous d’un épanouissement au travail plus marqué, du fait de leur expérience.

Trois profils d’entrepreneurs après 50 ans

À quel âge devient-on senior ? Une question qui n’a pas de réponse évidente. En se basant sur l’Insee et la littérature académique, Bpifrance a choisi 50 ans comme borne d’âge de début de "la séniorité".

Bpifrance a noté trois types d’entrepreneurs seniors : "l’entrepreneur de carrière", qui entreprend depuis qu’il est jeune et a vieilli avec son entreprise, "l’entrepreneur de seconde carrière", qui se lance dans l’entrepreneuriat après 50 ans à la suite d’un tournant de carrière, et le dernier, "l’entrepreneur chercheur", qui souhaite déployer une innovation auprès du grand public après une carrière dans la recherche.

Les femmes, surreprésentées parmi les primo entrepreneurs seniors

24 % d’entrepreneurs se lancent pour la première fois dans la création d’entreprise après 50 ans. L’étude relève une surreprésentation des femmes parmi ces primo entrepreneurs : alors qu’elles sont 12 % à la tête d’une PME-ETI, selon Bpifrance, elles représentent 22 % des primo entrepreneurs seniors. De même, "7 % des entrepreneures ayant répondu à notre enquête se sont lancées après 60 ans, contre 2 % des entrepreneurs", ajoute l’étude.

Une tendance qui s’explique notamment par le poids plus important de la vie familiale qui pèse sur les femmes au cours de leur carrière plus que sur les hommes, et une confiance en elles davantage liée à leur expérience.

Les seniors, des entrepreneurs plus épanouis et confiants

Taille d’entreprise, ambitions, investissement dans l’innovation… pour beaucoup de caractéristiques, l’âge des entrepreneurs ne change rien. En revanche, la principale évolution concerne l’état d’esprit et la santé mentale. Entre 40 et 50 % des plus de 50 ans se disent "très satisfaits" de leur rôle de chef d’entreprise, contre 30 % pour les moins de 40 ans. De même, la crainte d’un avenir incertain baisse avec l’âge.

Un état d’esprit plus positif, qui s’installe dans un contexte de vie plus stable et serein qu’à 30 ans ou 40 ans. "Après 50 ans, les enfants sont grands, la maison ou l’appartement familial est quasiment payé. Pour ceux qui ont la fibre entrepreneuriale et ne se sont pas autorisés à se lancer plus jeunes, il y a tout à gagner : l’expérience paie et le réseau ouvre des portes", souligne Élise Tissier, directrice de Bpifrance Le Lab.

Les femmes seniors ont plus de difficultés à lever des fonds

L’âge est-il un frein pour accéder à des financements ? Après avoir interrogé des chefs d’entreprise et des investisseurs, Bpifrance en a conclu que l’âge n’était pas un problème. Cependant, entre hommes et femmes seniors, des différences importantes existent. "Les entrepreneures seniors sont significativement plus nombreuses à déclarer très difficile la levée de fonds (30 % contre 19 % pour les hommes seniors)", constate l’étude.

L’âge est un atout, à condition de préparer sa succession

L’étude de Bpifrance montre que les entrepreneurs disposent de bien plus d’atouts du fait de leur expérience, qu’ils ne rencontrent de frein dans leur activité. Un élément est cependant crucial pour les investisseurs, passé 60 ans : la transmission. "Avoir un associé plus jeune assure ainsi les financeurs que la transmission de l’entreprise est préparée. Cette pratique est encouragée par les banques et investisseurs, qui la prennent en compte lors de leurs décisions de financement", relève Bpifrance. Une manière d’assurer la pérennité de son entreprise et d’entamer sereinement l’étape d’après : la retraite.

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