Dirigé par Hervé Pouyet, le groupe Laroche (400 salariés, 50 M€ de CA) réalise 75 % de son activité avec le secteur aéronautique, en pleine croissance. Positionné sur l’ingénierie de production, l’usinage complexe et l’assemblage d’aérostructures, le groupe domicilié à Andilly, en région parisienne, compte plusieurs sites en France dont Laroche Industries (80 salariés) à Méaulte, dans la Somme. Ce site réalise de l’ingénierie de production et des services, avec notamment un bureau d’études. En dépit d’un marché aéronautique en plein essor, le groupe voit son activité être freinée par des difficultés à recruter et par une perte de compétitivité liée à la hausse des prix des matières premières et de l’énergie.
Prudence malgré la croissance
"Tous nos marchés affichent des taux de croissance de 10 à 20 %, en volume, souligne Hervé Pouyet. Dans l’aéronautique, les prévisionnels pour ces prochaines années sont assez extravagants".
"L’aéronautique retrouve à peine, dans le monde, le niveau de production de 2019. Et nous ne sommes pas à l’abri d’une nouvelle crise"
Il faut y voir un effet rattrapage, après le ralentissement lié à la crise sanitaire du Covid-19, mais aussi un effet de volumes, porté par le carnet de commandes plein d’Airbus. Le dirigeant tient toutefois à modérer cet essor : "L’aéronautique retrouve à peine, dans le monde, le niveau de production de 2019. Et nous ne sommes pas à l’abri d’une nouvelle crise".
Des difficultés à recruter
Cette position, prudente, est liée à une situation plus nuancée pour les sous-traitants du secteur. Si la demande est bel et bien là, Hervé Pouyet est obligé de refuser certains contrats, faute de main-d’œuvre pour y répondre. "Si le groupe comptait 100 salariés de plus, ils seraient rapidement occupés sur nos différents métiers", confie-t-il. Mais les candidats se font rares. "C’est lié à la disparition des écoles, en particulier sur les métiers de production. Nous avons pris le parti de former nous-mêmes, à court, moyen et long terme. Nous prenons également des mesures pour limiter le turnover. Enfin, la création d’un centre de formation en interne est à l’étude, fléchant en particulier les métiers en forte tension comme l’usinage, la métrologie, l’assemblage, etc.", détaille le dirigeant.
Une compétitivité mise à mal
L’entreprise renonce également à des contrats, "faute de rentabilité", souligne le dirigeant. La cause ? La hausse des prix des matières premières. Mais aussi celle de l’énergie, qui rend bien plus coûteux le recours à de la sous-traitance, en particulier sur certaines activités énergivores comme le traitement de surface. "Nous rencontrons parfois des difficultés à négocier nos prix auprès de clients. Quand un projet n’est pas rentable, nous l’abandonnons", indique Hervé Pouyet.
Des mesures de riposte
Pour faire face à cette perte de compétitivité, Hervé Pouyet investit dans des machines moins énergivores et plus productives, sachant que l’enveloppe d’investissements du groupe s’élève chaque année à 6 % du chiffre d’affaires. "Par rapport à d’autres pays européens, le secteur aéronautique en France fait l’objet de peu de subventions publiques. L’investissement et la main-d’œuvre sont donc plus chers et les entreprises, moins compétitives", dénonce le dirigeant.
Se renforcer dans le spatial et la défense
Enfin, tout en maintenant son niveau d’activité avec le secteur aéronautique, Hervé Pouyet affiche la volonté de se diversifier, "pour diviser le risque". Il s’agira de se renforcer sur les secteurs avec lesquels le groupe travaille déjà, à savoir le spatial, la défense et l’énergie.