L’année 2024 a donné lieu à un nombre record de défaillances d’entreprises en France. Selon le bilan annuel d’Altares, 67 830 procédures de sauvegardes, de redressements et de liquidations judiciaires ont été ouvertes sur un an (dont près de 19 000 au dernier trimestre). Il s'agit du record historique enregistré par Altares depuis la création du baromètre en 1973 - le record était jusqu'alors de 64 500, en 1993.
Sur l'année 2024, le nombre de procédures collectives est en hausse de 17%. L'évolution des défaillances évolue moins rapidement qu'en 2023 (+36%). La décélération s'est poursuivie au quatrième trimestre 2024 (+10%). Pour Altares, un plafond a été atteint et le nombre de défaillances devrait diminuer en cette année 2025.
La manufacture, le commerce de gros et le transport concernés
Quelles sont les entreprises touchées en premier par ces défaillances ? "Trois quarts des défaillances concernent des entités de moins de trois salariés", souligne Thierry Millon, directeur des études d’Altares. Si les grandes structures sont mieux à même de faire face à la conjoncture économique délicate, l’étude d’Altares note une hausse des difficultés pour les PME-ETI de plus de 50 salariés, dont les procédures ont augmenté de 30 % en un an.
Les secteurs le plus concernés sont ceux de la manufacture (+ 75 %), du commerce de gros (+ 76 %) ou encore celui du transport (+ 59 %). Au quatrième trimestre de 2024, "l’immobilier est toujours sous tension, et le social souffre (+ 113 % de procédures dans l’action sociale, NDLR)", note en outre l’étude. À l’inverse, certains secteurs s’en sortent mieux comme le commerce de détail, porté par une nette baisse des procédures dans l’alimentaire (-11 %), l'optique (-22 %) et les pharmacies (-14 %). Le cabinet souligne également la résistance des jeunes entreprises de moins de trois ans, ainsi que du secteur du bâtiment et de l’agroalimentaire.
L’Île-de-France en tête des défaillances
Les régions Normandie, Île-de-France, Nouvelle-Aquitaine, et Auvergne-Rhône-Alpes sont celles qui affichent les bilans les plus négatifs sur le dernier trimestre de l’année. Cependant, un bon nombre de régions dépassent leurs précédents records de 2015 ou 2009. Trois régions ont en revanche redressé la barre au dernier trimestre de l’année 2024 : La Corse (-16 % de procédures), la Bourgogne-Franche-Comté (- 5 %), et la région Sud (0 %).
Un contexte politique "flou" et économique "morose", qui invite à l’attentisme
Les difficultés que rencontrent les entreprises sur l’ensemble du territoire français sont d’abord liées au contexte politique et économique, selon Thierry Millon. "Le contexte de flou politique et budgétaire, conjugué à une conjoncture économique morose, trouble la visibilité des affaires et invite à l’attentisme tant du côté des entreprises que des Français", indique-t-il. Malgré le ralentissement des procédures de défaillances en fin d’année, Thierry Millon invite à la prudence : "Si on peut envisager d’être sur le point de toucher un seuil de défaillances, on peut aussi craindre qu’il s’agisse d’un plateau, et donc d’un risque commercial, avec lequel il va falloir composer encore plusieurs mois. "