Entre janvier et mars 2025, 17 845 sociétés au total étaient en défaillances (procédures de sauvegarde, redressements et liquidations judiciaires), selon le premier bilan trimestriel d’Altares. Un nombre en hausse par rapport à la même période il y a un an, alourdi par les défaillances de grandes PME et ETI.
Pour un début d’année, "du jamais vu" depuis 2009
Le nombre de défaillances depuis le début de l’année 2025 est en hausse de 4,4 %, par rapport à la même période de 2024. Les trois premiers mois de l’année se clôturent sur un nombre bien plus élevé que les années précédentes (qui affichaient un chiffre de 15 300 en moyenne).
Surtout, le nombre de PME et ETI de plus de 100 salariés en défaillance a grimpé de 28 % par rapport à 2024, avec 64 structures en défaut. La conséquence : 71 400 emplois sont menacés. "Du jamais vu pour un premier trimestre depuis la crise financière de 2009. Il y en avait alors eu 73 700", souligne Altarès.
Après une année record de défaillances en 2024, Altares avait considéré que le pic avait été atteint et que la situation s’améliorerait en 2025. L’amélioration n’est pas encore avérée, mais plusieurs signes sont positifs. Pour commencer, l’augmentation des défaillances est la plus faible depuis quatre ans. Elle est aussi en net recul chez les PME de 20 à 100 personnes, avec 6 % de défaillances en moins. L’essentiel des défaillances concerne toujours les microentreprises.
Le commerce reprend des couleurs, la restauration souffre toujours
Plusieurs signaux positifs proviennent également des secteurs d’activité. "Bien que le chiffre global reste très élevé, plusieurs activités passent au vert en particulier dans le B2C", relève Thierry Millon, le directeur des études chez Altares.
La construction, en grande difficulté depuis un an, montre des signes de "rebond", souligne l’étude d’Altares. Les défaillances reculent dans le commerce également, notamment les magasins de vêtements. C’est aussi le cas des agences immobilières.
Les défauts grimpent en flèche en Pays de la Loire
À l’échelle régionale, les régions Centre-Val-de-Loire (-10 %) et Provence-Alpes-Côte-d’Azur (-8 %) sont en nette amélioration en termes de procédures judiciaires, au premier trimestre.
À l’inverse, les défaillances de sociétés bondissent en Pays de la Loire (+ 28 %) et augmentent fortement en Nouvelle-Aquitaine (+ 15 %).
La guerre commerciale avec les USA pourrait dégrader les marges
Plusieurs indicateurs de secteurs et de régions s’améliorent, mais les hausses brutales de droits de douane annoncées par les États-Unis début avril, pourraient rebattre les cartes. "Le risque commercial interentreprises comme le risque pays remontent en haut de la pile. Dans le même temps, il va falloir trouver de nouveaux partenaires d’affaires fiables pour pallier la perte possible de certains contrats. Cette tectonique des marchés pourrait alors renforcer la concurrence, renchérir les achats et dégrader les marges", explique Thierry Millon. Une situation qui se précisera au fil des annonces de riposte de l’Union européenne et de la poursuite des négociations, dans les semaines à venir.