Les châteaux aux 1res places
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Les châteaux aux 1res places

Certains grands crus affichent une rentabilité à faire pâlir d'envie de nombreux chefs d'entreprise. Rien d'étonnant, pourtant, quand on sait que le coût de revient d'une bouteille de vin n'atteint jamais 25€ et que les prix des grands crus se comptent parfois en centaines d'euros.

Quel est le coût de revient maximum pour une bouteille de vin? La question pose d'emblée le problème du prix du foncier. Alors que certains héritent d'une propriété, d'autres intègrent dans leur bilan des amortissements très importants. Cette question mise de côté, quel est le coût fixe d'une bouteille et du liquide qu'elle contient? Le sujet demeure tabou pour de nombreux professionnels. A l'URABLT-ADAR (Union Régionale Agricole de Branne Libourne Targon) structure décentralisée de la Chambre d'Agriculture de la Gironde, le coût de revient complet d'une bouteille habillée et commercialisée est estimé à 2,44€ en moyenne: 0,85€ pour 0,75l de vin, 0,49€ pour les frais de mise tiré-bouché et 1,10€ pour l'habillage et le commercial. Un prix faible car l'étude concerne des viticulteurs de l'Entre-Deux-Mers.




3€ maximum pour une bouteille de verre

«Une bouteille de verre classique coûte entre 20 et 25centimes l'unité, indique un verrier girondin. Cela peut monter jusqu'à 3€ pour un vin prestigieux avec des formes en relief, un tronc conique et un verre coloré ou métallisé». À cela s'ajoutent le prix de l'étiquette, qui va de 10 centimes à 1€, et celui du bouchon, qui se paye 10 centimes pour un modèle bas de gamme avec des volumes importants, et jusqu'à 6€ pour des produits de très haute qualité avec bout miroir. On peut donc estimer à 10€ le prix maximum des matières sèches. Le calcul du prix de revient du vin est plus compliqué à établir. «Entre un ramassage avec une machine à vendanger et une récolte à la main d'un vin liquoreux, qui nécessite parfois plus de cinq passages, le prix peut varier de un à dix», explique un spécialiste. Le prix varie également en fonction des rendements à l'hectare et des ?soins ?apportés à la vigne tout au long de l'année.




Machine à cash des primeurs

Il faut ensuite intégrer le coût du vieillissement, du stockage et du commercial. «Les budgets de communication ne dépassent presque jamais 1 ou2% du chiffre d'affaires pour les grands crus, selon un connaisseur. Au total, le coût liquide peut descendre jusqu'à 60ct pour un petit bordeaux et atteindre 15€ au grand maximum». Le coût de revient complet ne dépasse donc jamais les 25€. Mais quels châteaux se lancent dans autant de dépenses? À en croire un consultant en vin, «une grande bouteille avec apport de bois coûte rarement plus de 15€». Le système des primeurs est également une fabuleuse mécanique pour les châteaux qui peuvent se le permettre. Il s'écoule souvent 18 mois entre le paiement et la livraison du produit. «Cette machine à cash concerne environ 300 propriétés bordelaises actuellement, selon un spécialiste. Avec le millésime 2009 qui s'annonce exceptionnel, et le marché des spéculateurs qui est loin d'avoir disparu, les grands crus devraient continuer à afficher des marges confortables l'année prochaine».

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