Les attentes étaient grandes et la déception chez certains consommateurs l'est tout autant. Les professionnels, de leur côté, ont plus ou moins joué le jeu, mais selon Marc Tellier, représentant en région du Synhorcat (Syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs) les choses seraient en train de changer: «Certains restaurateurs ont eu du mal à s'y mettre, préférant attendre de voir les effets réels avant de se lancer; mais aujourd'hui, une grande majorité d'entre eux s'est rendu compte de l'intérêt réel de la mesure et s'y plie». La baisse de la TVA dans la restauration devait bénéficier en priorité, aux embauches et la baisse des prix sur les articles les plus vendus. «Si la baisse des prix est effective, note Marc Tellier, pour l'embauche c'est plus compliqué car la baisse de la TVA est arrivée au début de la crise économique. Donc le secteur n'a pas embauché à tour de bras; par contre nous sommes tout de même un des seuls agents économiques à ne pas avoir licencié! La TVA à 5,5% nous permet pour le moment de garantir l'emploi et avec une reprise annoncée en 2010, l'embauche suivra», confie le restaurateur rouennais.
Effets induits sur les prix fournisseurs
La période d'observation semble bel et bien terminée puisque le secrétaire d'État chargé du Commerce et de l'Artisanat Hervé Novelli fera un bilan le 15décembre et en tirera les conclusions qui s'imposent. Du côté de l'UMIH, autre syndicat professionnel, on insiste sur le fait que la baisse de la TVA a impacté d'autres comportements. Auprès des salariés, notamment, avec une revalorisation des salaires et le paiement. des heures supplémentaires (!) mais aussi, de manière plus négative, dans la relation avec les fournisseurs: «Aujourd'hui, on assiste à une hausse des matières premières; nos fournisseurs augmentent leurs tarifs en avançant que les producteurs ne peuvent plus baisser les leurs. Dans le même temps ces fournisseurs nous demandent d'accepter cette hausse de prix en nous rappelant que la baisse de la TVA nous a permis d'avoir une trésorerie plus fournie, donc de mieux amortir cette hausse. C'est un revers de médaille plutôt inattendu», regrette Christian Roche le président de l'UMIH.
Annoncée comme une révolution pour le secteur de la restauration, l'entrée en vigueur de la TVA à 5,5% ne bénéficie pas d'une lisibilité encore très claire au niveau du public. Qualifiée de véritable «plan de relance» du secteur par les professionnels, la mesure peine à produire les effets annoncés, même si les organisations professionnelles assurent que les choses se mettent en place progressivement.