L'éolien et le solaire ne coupent pas le cordon EDF

L'éolien et le solaire ne coupent pas le cordon EDF

Le mythe du bâtiment électriquement indépendant et déconnecté du réseau EDF a encore de beaux jours devant lui. Et même si les parcs photovoltaïques ou éoliens fleurissent sur les terrains ou les toits des entreprises françaises. Il existe plusieurs raisons à cela, la première reposant sur calcul économique. Si une entreprise, et c'est le cas du fabricant d'aliments bio Le Sogami, à Agen, achète cinq à dix centimes le kilowatt, elle peut produire elle-même et revendre ce même kilowatt trente centimes à EDF. En somme revendre plus cher ce qu'elle achète. Le calcul est alors vite fait, et le cordon n'est pas coupé. Aujourd'hui, Le Sogami, forte de ses 90 panneaux solaires photovoltaïques, assure ainsi quinze pour cent de sa consommation énergétique. Le reste est revendu. Même constat chez Ouateco, fabricant industriel de ouate de cellulose implanté dans les Landes. «Durant le mois de janvier, nous allons installer une toiture solaire en panneaux photovoltaïques. Elle couvrira une surface de plus de 2.200 mètres carrés pour un cout total de 1,6million d'euros. Aujourd'hui, nous avons calculé que nous consommions quelque 220 kilowatts par heure. Une fois, les panneaux mis en place, la tendance devrait s'inverser puisque l'entreprise devrait produire plus d'énergie qu'elle n'en consomme. Notre production devrait alors tourner autour des 249 kilowatts par heure», explique Thierry Toniutti, gérant de la société. Même constat pour le groupe Abalone, groupe spécialisé dans l'intérim. «Aujourd'hui nous revendons l'intégralité de notre production photovoltaïque, soit environ14.000Kw/h. Parallèlement, nous consommons l'intégralité de la production de nos éoliennes, soit 7.000Kw/h/an», précise Barnabé Baudu, en charge de la gestion énergétique du bâtiment.




Difficultés de stockage

L'autre explication qui explique la persistance du raccordement à EDF reste la difficulté de stocker une grande quantité d'électricité. «À ce jour, nous ne sommes pas en mesure de stocker tout court car les batteries ne sont pas écologiques et coûtent une fortune. On pourrait, en revanche, stocker via l'hydrogène mais nous n'y sommes pas autorisés par la réglementation», poursuit Barnabé Baudu.