Le déménagement devrait avoir lieu au premier trimestre de l’année prochaine. Placée en redressement judiciaire en début d’année, l’entreprise CEP, spécialisée dans l’injection plastique, met en vente l’un de ses trois sites de production, situé à l’entrée de Thiers dans le Puy-de-Dôme.
L’activité cosmétique rapatriée au siège
En grandes difficultés financières, plombé par un déficit important, l’industriel est contraint de céder cette usine construite en 1992 qui hébergeait les activités cosmétiques de CEP. Le groupe y fabrique de l’emballage pour des crèmes de soin et des mini-mascaras pour une cinquantaine de clients, dont Chanel et L’Oréal. CEP (100 salariés ; 20,5 M€ de CA en 2024) va rapatrier cette production sur son siège social implanté à quelques kilomètres sur la commune de Saint-Rémy-sur-Durolle.
"Nous sommes en train de vider les bâtiments dans lesquels nous allons nous installer. Un déménagement d’usine, c’est extrêmement lourd. La préparation est longue, nous avons commencé en mars-avril et nous nous sommes fait accompagner par une entreprise spécialisée", explique Pierre Dambricourt, directeur général de CEP. Avant de poursuivre : "Le but, c’est de déménager en dépensant le moins possible, mais en respectant aussi un cahier des charges propre au secteur de la cosmétique avec des normes d’hygiène strictes".
Le site actuel de 10 000 m² étant surdimensionné par rapport aux besoins de l’entreprise, cette activité va désormais occuper un atelier de 1 400 m², complété par une espace de stockage de 2 400 m². Une partie des machines, notamment les presses, ont aussi été transférées sur une autre unité de production du groupe, CEP Solutions, qui fabrique, elle, des accessoires de bureau et des accessoires pour les secteurs horticole et industriel.
"Dans une période à haut risque, il faut prendre des mesures assez drastiques pour retrouver le plus vite possible la ligne de flottaison"
Le site de Thiers, dont le prix de vente reste confidentiel, intéresse déjà des entreprises locales. CEP espère que l’opération sera finalisée courant d’année prochaine. "Dans une période à haut risque, il faut prendre des mesures assez drastiques pour retrouver le plus vite possible la ligne de flottaison", souligne le dirigeant, deuxième génération à la tête de l’entreprise.
Recentrage sur ses activités phares
Pénalisé par la hausse des coûts de l’énergie et des matières premières, CEP a dû lancer au printemps un plan social. Une quarantaine de postes ont été supprimés (32 licenciements). L’entreprise a aussi cédé à son principal concurrent son outil de production autour de la poterie horticole. "Nous avons arrêté cette activité. Nous avions pris beaucoup de retard et il fallait réinvestir assez lourdement pour redevenir compétitif. Dans une situation comme la nôtre, il faut choisir ses combats", note le dirigeant.
CEP s’est donc recentré sur ses activités phares et a augmenté significativement ses prix sur la partie cosmétique. "La situation financière est très largement assainie. Mais cela reste fragile, d’autant plus dans le contexte économique actuel. Nous avons peu de visibilité", se désole Pierre Dambricourt.
Investir pour ne pas mourir
Le dirigeant compte sur ces mesures et la future vente de l’usine pour rembourser les dettes, gelées pendant la période d’observation, et surtout pour poursuivre le développement de CEP. "Le groupe doit continuer d’investir, c’est presque une question de vie ou de mort", lance le dirigeant.
CEP lancera à la fin de l’année un nouveau bloc de classement, apparenté à un petit mobilier de bureau, et veut développer de nouveaux réseaux commerciaux, pour s’orienter vers la vente directe. Côté cosmétique, elle s’apprête à mettre sur le marché "un flacon-pompe airless". De quoi lui permettre de rebondir.