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Le sous-traitant aéronautique Duqueine Atlantique se diversifie dans la voile de compétition
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Le sous-traitant aéronautique Duqueine Atlantique se diversifie dans la voile de compétition

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Alors que l’édition 2024 du Vendée Globe est lancée, l’Imoca du skipper Armel Tripon sort tout juste des chantiers de la société Duqueine Atlantique, basée à Malville, en Loire-Atlantique. Ce bateau de course, qui s’alignera en 2028 sur la ligne de départ de la course en solitaire autour du monde, illustre la diversification du sous-traitant aéronautique dans le nautisme.

Duqueine Atlantique construit le voilier Imoca d’Armel Tripon qui prendra le départ du Vendée Globe en 2028 — Photo : Caroline Scribe

En 2020, le sous-traitant aéronautique Duqueine Atlantique, filiale du groupe lyonnais Duqueine, dispose de 12 000 m² de surfaces de production sur son site de Malville, entre Nantes et Saint-Nazaire. Il s’apprête à réaliser une extension de 4 000 m², car les carnets de commandes sont pleins. Mais la crise du Covid passe par là. Le chiffre d’affaires se réduit de moitié en quelques semaines, le projet d’extension se transforme en fermeture d’un des deux bâtiments existants, les effectifs sont ramenés de 220 à 113 salariés. En réduisant ainsi la voilure, l’entreprise parvient à terminer l’année 2021 à l’équilibre. "Nous avons mené une réflexion stratégique pour faire en sorte que cela ne se reproduise pas. Cela impliquait de réduire notre dépendance à l’aéronautique que nous souhaitons ramener de 95 % à 75-80 %. Pour cela, nous avons choisi de nous diversifier dans le nautisme", rapporte Nicolas Francheteau, responsable des avants projets-projets-programmes chez Duqueine Atlantique.

Un Imoca pour le prochain Vendée Globe

L’équipe démarche alors skippers, chantiers, architectes, répond à des appels d’offres… "Tout commence vraiment à l’été 2021 lorsque Jean Le Cam et Eric Bellion prennent contact avec nous pour nous confier la construction d’un voilier Imoca. Même si le projet n’a pas abouti avec nous, cela nous a donné confiance", explique Nicolas Francheteau. Effectivement, les premières commandes tombent. En avril 2022, après avoir démâté sur son Ocean fifty, Armel Tripon fait le pari de confier à Duqueine Atlantique son nouveau mât, une pièce que l’entreprise n’avait jamais réalisée et qui a été produite dans un temps record : sept semaines au lieu de trois mois. Le skipper, qui grâce à son nouveau mât finit la course de la Route du Rhum, confie alors à l’entreprise la construction de son futur Imoca. Le bateau hissera les voiles au départ du Vendée Globe 2028, sous les couleurs de l’association les Petits Doudous.

Course au large et croisière de luxe

Sa construction, qui représente un budget total de 6,5 millions d’euros, a démarré en septembre 2023 dans un bâtiment édifié spécifiquement à cet effet. Le bateau offre la particularité d’être construit à 70 % à partir de fibres composite déclassées de chez Airbus et de pièces d’accastillage issues de titane médical, collecté par les Petits Doudous dans les hôpitaux, et recyclé. "Habituellement, la construction d’un Imoca génère l’émission de 580 tonnes de CO2. Nous les avons réduites de moitié sur ce bateau que nous voulions plus durable", expose Armel Tripon. Pour mener à bien ce chantier, Duqueine Atlantique, qui devrait clore l’exercice 2024 sur un chiffre d’affaires supérieur à 30 millions d’euros, a recruté 5 ingénieurs et trois opérateurs. Outre ce gros chantier, l’entreprise a produit trois safrans et le cockpit de l’Imoca de Thomas Ruyant. "Les effectifs sur le site sont remontés à 160 salariés. L’activité aéronautique se stabilise après un fort rattrapage post-Covid. Nous voulons faire nos preuves sur les courses au large pour attaquer ensuite le marché de la croisière de luxe", indique Nicolas Francheteau. Duqueine Atlantique a pour objectif de réaliser des pièces en carbone et en résine epoxy pour des super yachts.

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