Le lyonnais ACI Group sur les rangs pour reprendre le sarthois BeLink Solutions
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Le lyonnais ACI Group sur les rangs pour reprendre le sarthois BeLink Solutions

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Le groupe lyonnais de sous-traitance industrielle ACI Group prépare sa copie pour reprendre BeLink Solutions, un sous-traitant électronique sarthois en redressement judiciaire. Pour conserver l’intégralité des salariés de BeLink Solutions, Philippe Rivière, le président d’ACI Group, mise sur une diversification radicale sur les marchés de l’aéronautique et la Défense, de la mobilité lourde et du naval.

Philippe Rivière, président et fondateur d’ACI Groupe. "BeLink Solutions est une très belle boîte. Il lui manque juste du business en dehors de l’automobile. Nous travaillons à remplir ses carnets de commandes" — Photo : DR

Mis en redressement judiciaire le 25 mars dernier, le spécialiste sarthois des cartes électroniques pour l’automobile BeLink Solutions (140 salariés ; 15 M€ de CA prévisionnel en 2025) est en quête d’un repreneur.

Toujours à l’affût d’une nouvelle prise de guerre pour nourrir sa dynamique stratégie de croissance externe, le groupe lyonnais de sous-traitance industriel ACI est en train de peaufiner sa copie.

Le groupe indien Hirect Hind Rectifiers aussi sur les rangs

Face à lui, l’industriel indien de l’électronique de puissance et du ferroviaire Hirect Hind Rectifiers Ltd, qui serait "très proche du fonds d’investissement américain AIAC", actuel propriétaire de la PME implantée à La Ferté-Bernard. "Contrairement à notre confrère qui a déjà annoncé qu’il supprimerait 40 postes, nous ferons tout pour conserver la totalité des effectifs", annonce Philippe Rivière, président d’ACI Group, un groupe industriel lyonnais de 1 600 salariés, ayant réalisé 220 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024.

Perte de 10 millions de chiffre d’affaires en 2025

Son diagnostic est sans appel. Si aujourd’hui le sous-traitant électronique sarthois est en très grande difficulté, c’est tout simplement qu’il ne se serait pas diversifié assez rapidement, restant prisonnier d’un marché automobile en berne.

Résultat, alors qu’il réalisait 25 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024, il devrait en réaliser 10 de moins cette année. "Ils ont bien tenté de réduire leur dépendance à l’égard de l’automobile, mais leur baisse d’activité sur ce marché leur a été fatale, avec une perte prévisionnelle de plus de 4 millions d’euros en 2025", complète Philippe Rivière.

"Nous sommes en train de travailler pour voir comment apporter du business à BeLink Solutions"

Sa feuille de route ? Une diversification à marche forcée dans les secteurs de l’aéronautique et de la Défense (le bastion d’ACI), de la mobilité lourde (camions et bus), du naval, etc. "Nous sommes en train de travailler pour voir comment apporter du business à BeLink Solutions", poursuit celui qui se dit soutenu par son actionnaire le fonds américain Fortuna auprès duquel il vient de lever 82 millions d’euros.

En pratique, 50 % des nouvelles commandes pourraient être générées par les entreprises du groupe ACI et l’autre moitié issue d’autres partenaires industriels dont l’identité n’est pas dévoilée.

Réaliser plus de la moitié des ventes en dehors de l’auto

"BeLink est une très belle boîte, dotée d’excellents outils industriels et des compétences qu’il faut. Nous tablons sur un chiffre d’affaires de l’ordre de 30 à 35 millions d’euros en 2026, dont 15 millions en tant que sous-traitant automobile et 15 à 20 millions sur d’autres marchés", explique Philippe Rivière. Pour la partie automobile, le patron d’ACI sait de quoi il parle puisque l’une des principaux clients de la PME sarthoise n’est autre qu’Enerflux (35 M€ de CA en 2024 ; 180 salariés), une entreprise du groupe ACI, spécialiste de l’assemblage pour l’automobile/bus. Implantée à Blois, elle n’est située qu’à 45 minutes en voiture du sous-traitant sarthois. ACI a jusqu’au 2 juillet pour peaufiner son offre, en attendant le troisième round programmé au 20 juillet.

Sauver les derniers actifs français dans l’électronique

"J’espère vraiment réussir à sauver BeLink parce que j’en ai marre de cette désindustrialisation. Au salon du Bourget, on ne parlait que de rachats ou de faillites d’entreprises françaises, notamment dans l’électronique où nous n’avons plus guère d’actifs", tempête Philippe Rivière. Dernièrement, c’est le sous-traitant Eolane France qui est passé dans le giron du groupe suisse Cicor

Pour rappel, la quarantaine de sites de production d’ACI forment une Alliance de Compétences Industrielles (ACI), pour fabriquer des pièces, des sous-ensembles, et proposer du service et de la maintenance dans des filières industrielles comme le nucléaire, la sécurité & Défense, l’aéronautique et le ferroviaire. Le groupe de Philippe Rivière prépare son entrée en Bourse cet automne.

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