Le secret de l'aromatique est dans le tour de main
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Le secret de l'aromatique est dans le tour de main

Frédéric Vinson est le manager de Van Hees France depuis janvier2008. Il revient sur la stratégie de l'entreprise.



Quels sont les marchés de Van Hees France?

Nous travaillons pour l'industrie charcutière avec laquelle nous réalisons 12millions d'euros de notre chiffre d'affaires. Mais nous vendons également nos produits aux artisans bouchers, charcutiers traiteurs et nous commençons à développer des produits pour le poisson. Nous créons des produits pour la Russie, la Pologne, l'Italie, le Maroc et l'Espagne à hauteur de 30% de notre activité.


Quelles sont les raisons qui expliquent que vous soyez présent à l'export?


Dans l'agroalimentaire, la méthode de travail est standard dans tous les pays mais toute la difficulté est de créer une recette qui correspond au goût local. Pour y parvenir, nous avons, sur place, des technologues dont nous nous servons et qui nous donnent les directions aromatiques à suivre afin de mettre au point des produits spécifiques au marché local. L'avantage, c'est que nous pouvons également faire profiter à nos autres clients de ces développements. C'est d'ailleurs le cas pour le kebab et nous sommes actuellement les leaders des ingrédients qui entrent dans sa fabrication.


Quels sont vos prochains axes de développement? Nous nous lançons dans la conquête des pays asiatiques dont les populations des classes moyennes ont gagné en pouvoir d'achat et ont davantage recours aux produits à base de viandes élaborées. Nous prévoyons également de développer une nouvelle gamme de recettes exotiques et ethniques pour le marché français qui reste cependant très attaché à la cuisine de son terroir.
Quels sont vos moyens en matière de recherche et développement?



Nous consacrons environ 3% de notre chiffre d'affaires à la R & D.L'important chez nous, c'est la compétence humaine, ce que l'on appelle le tour de main pour créer l'arôme, le mélange qui permet de fabriquer le produit qui va s'arracher. Nous devons continuellement renouveler nos recettes et être réactifs face à la demande de nos clients. Neuf personnes sont donc dédiées à la R & D et au contrôle qualité.


Comment élaborez-vous de nouvelles recettes?

Dans le cas de l'industrie, le client vient nous voir afin que nous élaborions une recette selon le cahier des charges qu'il a établi avec son service marketing. Ensemble, ils ont déjà réfléchi à la cible, à la présentation, à la couleur et l'emballage du produit. Nous, nous devons juste mettre au point une recette qui répond à leur demande. Dans le cas de l'artisanat, l'effet d'innovation est plus important. Les artisans n'ont plus le temps de développer de nouvelles recettes, c'est à nous de le faire. Deux fois par an, nous sortons notre catalogue de recettes pour les clients. Nos technologues, qui sont des bouchers charcutiers, inventent donc des applications de recettes. Et à chaque saison, ils développent de nouveaux produits accompagnés des recettes culinaires adaptées.

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