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Le Port de Sète mise 20 millions d’euros sur ses connexions multimodales
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Le Port de Sète mise 20 millions d’euros sur ses connexions multimodales

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Aux côtés de l’exploitant VIIA, filiale de la SNCF, le Port de Sète investit dans une technologie de chargement innovante pour son terminal ferroviaire. Finalisée en septembre, la plateforme permettra de booster le nombre de semi-remorques mis sur rails, et la fréquence des liaisons vers le nord de l’Europe.

Vue aérienne du terminal ferroviaire du Port de Sète, en chantier avant la mise en service du chargement horizontal prévue à la rentrée — Photo : Port de Sète

Inauguré en 2021, le terminal ferroviaire du Port de Sète (Hérault) connaît déjà un cycle de modernisation. La plateforme connecte le rail à la mer, en facilitant le développement des "autoroutes ferroviaires" : elle positionne des semi-remorques préhensibles et des conteneurs, apportés par des opérateurs maritimes, sur des trains, offrant ainsi une alternative au transport routier. Exploité par VIIA, filiale du groupe SNCF dédiée au report multimodal, le terminal va prendre une part grandissante dans l’activité marchandises du port.

Un bond attendu en productivité

Pour cela, le Port de Sète enregistre, depuis le début d’année 2025, l’installation d’un nouveau process de chargement. Conçue par la société alsacienne Lohr, cette technologie innovante, nommée "Modalohr", désigne une catégorie de trains surbaissés. Elle permet d’opérer un chargement horizontal, et non plus vertical : les techniciens n’ont qu’à pousser la charge sur le plateau, au lieu de surélever les wagons comme auparavant. Il en résulte un bond de productivité. Alors que le terminal mettait une demi-journée pour charger un train ces derniers mois, il réalisera ce travail en seulement 40 minutes avec cet équipement. "Cette nouvelle plateforme est une étape importante dans notre stratégie de transition écologique. Sur les 130 000 remorques en transit sur le port tous les ans, 15 000 sont opérées en ferroviaire. Notre objectif est de passer à 40 000 remorques par an grâce à Modalohr", évalue Philippe Malagola, président du Port de Sète (propriété de la Région Occitanie).

Un wagon "Modalohr", conçu par l’alsacien Lohr — Photo : Lohr

Donner plus de fréquences

Le port sétois est le deuxième en France, après celui de Calais (Hauts-de-France), à intégrer cette technologie. L’opération mobilise un investissement total de 20 millions d’euros, selon cette répartition : 10,1 millions financés par VIIA, et 9,4 millions par ses partenaires publics (la Région Occitanie pour la partie ferroviaire, et le Port de Sète pour les revêtements et divers équipements), avec le soutien de l’Europe. "En partenariat avec Lohr, nous faisons le pari du chargement vertical pour le Port de Sète. Cela aidera le rail à s’adapter à la route. Mais cela nous permettra aussi d’offrir plus de fréquences aux destinations. Pour l’instant, la destination concernée est Calais, à raison de 3 rotations par semaine, et plus demain", souligne la présidente de VIIA, Bénédicte Colin, mentionnant l’une des 2 autoroutes ferroviaires ouvertes par la société depuis Sète (la deuxième concerne Bettembourg, au Luxembourg).

Un rayonnement élargi en France et en Europe

Un troisième acteur, l’armateur danois DFDS, s’associe à cette opération. Ce dernier opère depuis 2019 une liaison entre les ports de Yalova (Turquie) et Sète à raison de 3 escales par semaine. Premier client du nouveau process, il en retirera plusieurs leviers de croissance après la mise en service prévue en septembre 2025. "D’une part, en fonctionnant à flux tendus, sans stockage, cette technologie nous permettra de proposer un "transit time" (temps de parcours maritime, NDLR) amélioré par rapport aux flux conteneurs classiques. D’autre part, alors que nous nous concentrons jusqu’ici sur Calais, notre objectif sera d’améliorer notre rayonnement depuis Calais, vers l’Île-de-France et l’Angleterre notamment", annonce Jimmy Marolle, responsable de DFDS France.

Pendant ce temps, le Port de Sète poursuivra ses investissements en matière de décarbonation. Il annonce notamment la construction d’une centrale solaire de 8 ha dans les prochains mois.

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