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Le pionnier des véhicules autonomes Gama recompose son capital et devient Navya Mobility
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Le pionnier des véhicules autonomes Gama recompose son capital et devient Navya Mobility

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Gama fait peau neuve et devient Navya Mobility. Dans la tourmente depuis deux ans, le groupe villeurbannais de véhicules autonomes, lâché en juin dernier par l’un de ses repreneurs, le français Gaussin, passe entièrement sous pavillon japonais avec aux manettes Macnica et NTT West.

Navya avait été repris par le groupe Gaussin en avril 2023 — Photo : Navya

Nouvelle recomposition de capital pour le pionnier français des navettes autonomes Gama (ex-Navya). Lâché en juin 2024 par le fabricant de matériel de levage et manutention Gaussin basé dans en Haute-Saône - qui l’avait repris au printemps 2023 en tandem avec le japonais Macnica, fournisseur composants électroniques et semi-conducteurs - la PME Villeurbannaise (Gaussin Macnica Mobility SAS ; 10,1 M€ de CA en 2022) ouvre son capital et devient Navya Mobility.

NTT West (Nippon Telegraph and Telephone West Company), société de télécommunication (97 Md€ de CA ; 330 000 collaborateurs) entre ainsi au capital aux côtés de Macnica (8 Md€ de CA). Selon l’accord, Macnica détiendra 70,85 % du groupe et NTT West les 29,15 % restant. L’investissement des deux entreprises et la réalisation du changement de nom seront officiellement achevés après l’approbation du CSE et du ministère de l’Économie et des Finances.

Une reprise sous le signe de la production

Les deux sociétés japonaises lancent une alliance commerciale dans le domaine de la conduite autonome en vue du programme de subvention lancé par le gouvernement japonais. Ce dernier, souhaite équiper 50 villes en transports publics autonomes voire 100 d’ici 2027. Une aubaine pour la pépite française en cessation de paiements il y a encore huit mois.

Il n'y a pas d'objectif de produire ailleurs, l'entreprise reste basée en France avec des actionnaires étrangers."

"Nous nous concentrons sur la reprise de dynamique en relançant chaque contrat que ce soit avec les clients ou les fournisseurs, l'objectif premier étant de reprendre les déploiements de véhicules (navette et tracteurs)", précise Jean-Claude Bailly, le PDG, qui entend rester prudent. Le dirigeant souhaite atteindre la production d’une centaine de navettes et de tracteurs par an d’ici 2025 à 2026. Selon lui, "c’est en délaissant la production et la commercialisation de véhicules de type navette ou tracteur que Gama a connu toutes ces difficultés. Il n’y a pas d’objectif de produire ailleurs, l’entreprise reste basée en France avec des actionnaires étrangers", assure encore le PDG.

Cap sur la logistique et les sites industriels

La coentreprise est désormais prête à s'attaquer de front au marché des véhicules autonomes dédiés à la logistique et aux sites industriels en circuits fermés (ports, aéroports) avec ses tracteurs autonomes. Mais également au marché du transport de passagers sur route, avec ses navettes autonomes de 15 places. "Nous ne sommes pas attentistes, insiste Jean-Claude Bailly. Nous reprenons une démarche commerciale et nous nous projetons en Asie, aux États-Unis, au Moyen-Orient et en Europe."

1 million

Pour autant, la branche R & D, présente sur les sites de Villeurbanne et Paris La Défense, sera le deuxième axe de développement du nouveau groupe. Indispensables à la croissance de Navya Mobility, les bureaux de R & D seront les catalyseurs de l’implémentation du système de conduite autonome sur des véhicules tiers, qui constitue un troisième marché.

Malgré sa trajectoire plutôt sinueuse ponctuée par un sauvetage in extremis à la barre du tribunal de commerce de Lyon en 2023 "Navya Mobility reste sur un marché prometteur, estime Jean-Claude Bailly. Navya Mobility est aujourd’hui leader avec plus de 200 navettes (1 million de kilomètres parcourus) déployées dans 28 pays et 160 collaborateurs". Quant aux tracteurs, ils sont plus de 20 000 en exploitation à travers le monde.

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