Tout juste élu président de la CCI Alsace Eurométropole, Daniel Bixel démissionnera-t-il d’ici la fin de l’année ? L’hypothèse n’est pas totalement farfelue ni écartée par le successeur de Jean-Luc Heimburger qui se dit prêt à rendre son mandat "par solidarité" avec ses confrères des autres chambres consulaires de France si le projet de loi de finances (PLF) 2026 venait à être adopté dans sa version initiale. En cause : la réduction d’une partie des ressources des CCI pourrait déboucher sur la suppression de 50 postes parmi les 270 collaborateurs que compte la CCI Alsace Eurométropole.
"À la base, je suis un compétiteur. Je défends les intérêts de notre institution. Aujourd’hui, on ne peut pas concevoir qu’on puisse continuer nos missions en subissant une coupe budgétaire d’un tiers de nos ressources", indique Daniel Bixel tout en remerciant les députés et sénateurs alsaciens qui ont depuis voté plusieurs amendements en faveur des chambres consulaires. "Mais la partie n’est pas encore gagnée. En tout cas, on ne lâchera rien", poursuit le nouveau président dont le mandat court jusqu’en 2027.
La baisse des aides à destination de l’apprentissage, autre source d’inquiétude
Disposant aujourd’hui d’un budget de 32 millions d’euros, dont 8,60 millions d’euros proviennent de ressources fiscales, la CCI Alsace-Eurométropole estime avoir déjà largement diversifié ses revenus depuis une dizaine d’années. "On a réussi à s’adapter mais là il y a un point de rupture", poursuit Daniel Bixel, également remonté lors de sa première conférence de presse face à la chute des aides à destination de l’apprentissage figurant également dans le PLF 2026. "En Alsace, avec 1 750 jeunes, nous sommes les premiers formateurs, après l’Éducation Nationale, avec un taux d’insertion de 92 % en fin de cycle. Il ne faut pas casser cette dynamique", précise le PDG de l’enseigne Sport 2000 à Altkirch (Haut-Rhin).
Création d’un fonds d’investissement doté de 2 millions d’euros
Malgré ce contexte incertain, le nouveau président de la CCI Alsace Eurométropole compte s’appuyer sur un bureau quasiment renouvelé de moitié et un comité stratégique, composé de chefs d’entreprise, de collaborateurs de la chambre consulaire et de personnalités extérieures, qui verra le jour début 2026. Tout comme l’instauration de CCI Alsace Invest, un fonds d’investissement sous forme de SAS qui sera doté de 2 millions d’euros et qui permettra des prises de participations, de l’ordre de 50 000 euros à 200 000 euros, dans des "entreprises à fort potentiel" sans pour autant être focalisé sur les start-up.
Efficacité énergétique
Avec l’Ademe, la CCI Alsace Eurométropole va également lancer un programme de sensibilisation et d’accompagnement des TPE et PME sur la sobriété et l’efficacité énergétique. Enfin, un contrat de coopération d’une durée de trois ans sera prochainement signé avec l’Eurométropole de Strasbourg afin de réduire la vulnérabilité des entreprises face aux risques d’inondation.
"Nous sommes les seuls à accompagner les entreprises en proximité et dans leur quotidien", rappelle Daniel Bixel qui n’oublie pas le commerce, secteur qu’il connaît bien et particulièrement mis à mal par les plateformes chinoises. "L’État doit être encore plus ferme et plus strict. On ne peut pas accepter une telle concurrence déloyale qui nuit à l’ensemble de nos commerçants", préconise le président de la CCI Alsace Eurométropole pour qui un début de réponse se trouverait également dans la transformation de "nos centres-villes en centres de vie".