Le moins que l’on puisse dire, c’est que D-Ice a le vent en poupe. Normal, son logiciel est fait pour ça. Fondée en 2015, la start-up nantaise développe des outils de modélisation des opérations en mer ainsi que des logiciels pour le pilotage, l’optimisation et l’aide à la décision pour les navires. Cette année, la deeptech va pouvoir passer la vitesse supérieure grâce à une levée de fonds de 6 millions d’euros menée par le fonds Blue Ocean de Swen Capital Partners, une société de gestion parisienne avec 8,1 milliards d’euros d’actifs au compteur. Le fonds Mer Invest rejoint également la société, tandis que tous les investisseurs historiques, Pays de la Loire Développement, Atlantique Vendée Innovation, et Pays de la Loire Participations (repris récemment par Turenne Group), ont réaffirmé leur soutien. L’entreprise avait déjà levé 1,5 million d’euros l’année dernière.
Avec cette nouvelle opération, D-Ice ambitionne d’accélérer la commercialisation de ses solutions, et notamment d’étendre sa présence internationale. Après avoir atteint 1,2 million d’euros en 2022, la société a sorti un chiffre d’affaires de 2 millions d’euros en 2023. "Nous devrions doubler ce chiffre en 2024", ambitionne Sofien Kerkeni, directeur général de D-Ice.
Un système unique pour le secteur maritime
Si l’entreprise développait au départ plusieurs solutions, une plateforme unique nommée Oceanics compile aujourd’hui les différentes expertises de D-Ice dans une version tout-en-un : modélisation multi-physique, pilotage, routage météo ou encore optimisation énergétique. "Ce système de pointe sécurise les opérations maritimes, tout en réduisant considérablement la consommation de carburant", indique l’entreprise dans un communiqué.
Cette plateforme se pense d’ores et déjà comme une nouvelle référence mondiale, dans un secteur où les navires sont souvent équipés de nombreux systèmes à bord pour répondre à tous leurs besoins. "Nos innovations ont aujourd’hui démontré leur efficacité et nous franchissons un cap en passant à l’échelle internationale", relève Sofien Kerkeni. Une dizaine de systèmes complets ont déjà été vendus par D-Ice. "La moitié est installée", pointe le dirigeant.
Déjà de jolis noms du transport à la voile
Forte aujourd’hui d’une trentaine de salariés, presque tous ingénieurs ou docteurs, l’entreprise vise une dizaine de recrutements dans les prochains mois. "Nous devrions être une cinquantaine de personnes dans deux à trois ans", espère Sofien Kerkeni.
L’entreprise compte déjà des clients de marque, notamment dans le secteur du transport vélique. Il faut dire que cette filière est aujourd’hui en plein essor. "Nous sommes un des acteurs les plus avancés dans ce domaine", pointe le dirigeant. La solution de D-Ice a d’ores et déjà été sélectionnée pour équiper le navire à voile Canopée de la compagnie lorientaise Zéphyr et Borée, ainsi que le cargo à voile de l’armateur Neoline. Fin juin, l’entreprise était retenue pour équiper les navires de marchandises à voiles de Louis Dreyfus Armateurs. Ces derniers assureront le transport des pièces d’avions d’Airbus entre St Nazaire et la ville américaine de Mobile, en Alabama. Ces trajets devraient se mettre en place dès 2026. Une première liste de clients renommés, qui devrait sans nul doute s’agrandir dans les mois à venir.